lundi 30 août 2010

Ascendant carié (suite et fin)


Et qu'était donc cette altitude spirituelle, ce moi transmué et évacué, ce blanc de la perfection, sinon le vide cristallin jusqu'au silence et lumineux jusqu'à l'aveuglement?

Si cette "ascèse" allait me nettoyer des scories du monde, elle allait en même temps (illusoire combien) me laver jusqu'à l'os, me dissoudre jusqu'à la moelle, me souffler jusqu'aux atomes, me réduire à rien, ou au "pur esprit" ce qui est la même chose.

Pur, unique ( à la bien improbable condition d'y parvenir), au dessus des impuretés et du divers du monde, essence parmi les existences, les substances et le matériaux, je ne serais plus rien qu'abstraction, cadavre sec, fétu d'air effacé au moindre souffle du vivant, rien et vide...

Etre un marcheur des montagnes me suffisait.

Thierry Guinhut
Le recours aux monts du Cantal

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