dimanche 30 septembre 2007

Vie sauvage

Mezzig entend des bruits sur le parking à côté. Des voix s'entrechoquent. Le ton monte. Les mot fusent. S'ensuivent les insultes. Les braîllements orduriers. L'explosion de rage.

Dans les rues alentour, le rut est à l'oeuvre. Les mâles se mesurent. S'empoignent. Se saignent.

Mezzig regarde l'heure: quatre heures du mat.

Entre nous, ça sert à quoi d'en faire tout un brame!?

samedi 29 septembre 2007

Bonne compagnie

Tard la nuit, Kraine écoute de la musique. Une musique sombre. Lourde. Mezzig penche pour du Réquiem. C'est difficile à juger.

Une preuve en tout cas que Kraine a du mal à trouver le sommeil. Mezzig se dit qu'il n'est pas le seul à veiller. C'est rassérénant.

C'est Madame qui lui apprend ces mots là. Prof de Lettres en Lycée. Quelques heures à la fac pour les fins de mois. Une bibliothèque qui déborde jusque sur le plancher. Tout s'explique.

Mezzig relève la tête: plutôt bien entouré l'ostrogoth. C'est la classe!

vendredi 28 septembre 2007

Moyens de fortune

Quand on lui demande ce qu'il fabrique de toutes ses journées, Mezzig élude. De quoi je m'occupe?

Il est bien conscient que le fait de ne pas avoir de travail en dérange plus d'un. De quoi est-ce qu'il vit? Où est-ce qu'il trouve l'argent? Est-ce que c'est Madame qui régale? Et sa moto, comment est-ce qu'il l'a payée? Comment il se dépatouille pour l'entretien? Y'en a vraiment qui la voient belle!

Si encore il bossait au noir ou qu'il s'en tirait en magouillant, on se dirait tant mieux pour lui. Mais même pas. C'est ça l'énervant.

Que ça jase dans son dos, il fallait s'y attendre. Mezzig connaît la rengaine. Tant qu'on la joue piano, c'est supportable.

jeudi 27 septembre 2007

Pollution nocturne

De l'autre côté de la rue, sévit le clan Natzy à la tête duquel s'époumonne un quintal facile de chair molle. Les Natzy ne s'adressent pas la parole. Ils s'incendient. Se hurlent dessus. Se traitent de tous les noms.

A leur arrivée, les Natzy étaient affublés d'un Malinois dégénéré qui aboyait après n'importe quoi. De préférence la nuit. Et si possible sans rémittence.

Mezzig avait failli sonner chez eux pour en découdre mais les frères Natzy ne lui inspiraient pas confiance. Deux vrais abrutis. Des trognes à chercher la bagarre. Un vocabulaire de basse-fosse. Tout pour plaire.

Environ un an après leur installation, le cerbère tonitruant des Natzy succombait à une attaque anonyme de boulettes avariées.

S'ensuivit une période de suspicion sévère. Les Natzy montraient les crocs. On se préparait au pire.

mercredi 26 septembre 2007

Visite guidée

L'Histoire de Trous sur Gloire remonte à l'antiquité. Dans le voisinage, ça n'impressionne personne. Les Gaulois, le Moyen Âge, tout le tremblement, c'est bon pour le centre-ville. L'attrape touristes. Clampin aime à répéter que la région travaille du château. C'est pour situer.

Par ici, c'est moins relevé. Ni monuments, ni musées. Pas une ruine à se mettre sous la dent. Ancien bastion ouvrier, l'architecture incarne le rêve prolétarien. Un alignement de maisons à touche-touche. Modèle unique. Façades à l'identique. Un étage, pas plus. Sur l'arrière, la portion de jardin démocratique. Cabanon en prime pour quelques-uns. L'idéal populaire clés en main.

Mezzig s'était tout de suite senti à sa place au milieu de ce décor. Il y avait dans ces murs quelque chose qui lui ressemblait.

Pour une fois, parmi tous ces visages, il sentait qu'il pouvait raccrocher le masque. L'artifice avait fait long feu.

mardi 25 septembre 2007

Mantra l'eau

Mezzig à sa place habituelle. Au fond de la Glotte.
Attablé devant son café. A la lutte avec son Glob.

Soudain, traversant la salle:
Et le Mezzig, qu'est-ce qu'il en pense de tout ce tintouin?
Mezzig débarque. C'est à quel sujet?
Ben oui, quoi, t'es toujours aussi bouddhiste?
Du tac au tac:
Quand j'boude, uniquement quand j'boude. C'est pour quoi?
Mimiques en coin de la Virago derrière son comptoir.
Tous ces moines en face des généraux, ça t'inspire quoi?
Mezzig, les neurones en surchauffe:
Manque de bol. Si l'armée reçoit l'ordre de faire feu, ça s'ra pas bonze à voir. Safran l'coeur à l'avance.

Débâcle au comptoir. Epaules en hausse.
Y'a vraiment rien à en tirer des gars comme ça.

lundi 24 septembre 2007

Bâtons rompus

De nouveau Mose au bout du fil. C'est presque de l'addiction.

Mose a des projets. Le mieux serait qu'il passe en discuter. Mezzig lui suggère de lui tracer les grandes lignes au téphone. Pas la peine qu'il se dérange.

Mais pas question. Mose pense que c'est trop risqué. Il préfère rester discret.

Mezzig récidive. Il est pas mal crevé ces derniers temps. Des migraines à répétiton. Pas trop la frite. C'est à propos de quoi?

Mose esquive. C'est trop confidentiel. Une fuite est si vite arrivée. Mezzig jure qu'il tiendra sa langue mais Mose ne veut rien entendre. Il va raccrocher.

Mezzig assure qu'il fera de son mieux. Peut-être d'ici la fin de semaine. Mose dit que c'est comme bon lui semble. C'est pas pressé, pressé. Et merci encore...

De rien...mais c'est trop tard. Mose est aux abonnés absents. Encore un qui n'a que ça à faire.

dimanche 23 septembre 2007

Huis clos

C'est fait: c'est reparti. Mezzig n'y songeait plus. Il avait presque fini par oublier.

Et voilà que ça refait surface sans prévenir. Cette espèce de noeud désagréable en haut du dos. Bientôt, la douleur va gagner du terrain. Suivront la nuque raide. L'impression d'un marteau piqueur au fond de l'oeil. Le crâne au seuil de l'implosion. La vraie purge quoi.

Aussitôt Mezzig se précipite sur le tube de cachets sous le regard d'un Li Pouiye compatissant. Direction la chambre à coucher. Volets tirés. Un maximum d'obscurité. Du silence à gogo.

Mezzig se tâte le poul. Mezzig s'enfile sous la couette. C'est rideau pour la rigolade. On envoie le générique. Fin des programmes.

samedi 22 septembre 2007

Bonne d'âme

Le vent se lève. Tombent les premières copies. Son lot de corrections sous le bras, Madame se jette sur la théière et fonce s'enfermer dans son bureau.

Au passage, Mezzig lui tire son chapeau. Encore un métier pour lequel il n'était pas taillé. Passer le plus clair de son existence à tenter d'imprimer une direction à des floppées de trajectoires excentriques, très peu pour lui.

La différence, c'est que Madame a la foi. Là-dessus, elle est indécrottable. Elle se rebiffe que chacun a droit à une chance et qu'on ne doit laisser personne sur le carreau.

Sur ce point, Mezzig se sent assez mal placé. Ses années d'école lui restent coincées dans la gorge comme la bolée de soupe à la citrouille de son enfance.

Il faudrait le payer cher pour qu'il en reprenne une louche.

vendredi 21 septembre 2007

Grand beau

A la Glotte, on commence la journée au petit blanc. La clope au bec. Les yeux cernés. On se repasse la Feuille de Choux locale de main en main. Sans commentaires. C'est trop tôt pour une bordée d'opinions. La Virago veille au grain. Priorité à la météo.

Longtemps qu'on n'avait pas eu autant de soleil. Après l'été pourri qu'on a essuyé, c'est pas de refus. Pourvu que ça dure.

En même temps, si ça continue au beau, c'est mauvais signe. Y'a qu'à voir le fleuve comme il est bas. Pas de quoi remplir les nappes.

Sans compter que c'est toujours pareil. C'est quand on reprend le collier que ça s'arrange. Ciel bleu en semaine et couvert le week-end. C'est tant mieux pour ceux qui fichent rien. Pour les autres, c'est le moral qui en prend un coup.

Conclusion: on s'en jette un deuxième pour arroser ça. Et faut pas rigoler, cul sec! ça va de soif!

jeudi 20 septembre 2007

En dérangement

Des idées. C'est cabotin les idées. Des idées on en a des kilos ou c'est tintin. On court après. On se creuse pour en dénicher un semblant. Au pire, on carotte celles des autres et c'est gagné. On a l'air moins benêt.

Un point de vue que ne partage pas Clampin qui n'y va pas par quatre chemins. Est-ce que Mezzig a déjà vu des poules?

Mezzig ne voit pas le rapport.

Les poules, enchaîne Clampin, on les attrape pour leur tordre le cou. C'est pour ça qu'on les nourrit. C'est tout.

Présenté comme ça, évidemment, c'est imparable. Où est-ce qu'il avait la tête? Mezzig aurait pu y penser tout seul.

mercredi 19 septembre 2007

Ingrats doubles

La P'tit'Dame d'en Face se plaint qu'elle n'a pas vu ses enfants depuis longtemps. Ils lui téléphonent une fois par semaine, mais ça ne remplace pas les visites.Sa fille est mariée. Elle habite loin. Quatre enfants à élever. Un époux casanier. Des finances au cordeau. La P'tit'Dame a fini par en prendre son parti.

Son fils, par contre, c'est de la mauvaise volonté. Il n'a que la ville à traverser. Célibataire. Pas d'obligations. Un salaire correct. Il pourrait faire un effort. S'occuper de sa mère. L'emmener lécher les vitrines. Lui faire des courses. L'aider à ranger ses papiers... C'est quand même pas le bout du monde, vous croyez pas?

Encore heureux qu'elle a des voisins pour veiller sur elle! Elle se débrouillerait comment autrement? elle vous le demande. C'est simple: on devrait pas vieillir.

Allons! Allons! minimise Mezzig à court d'inspiration. Madame lui glisse à l'oreille que dans le genre réconfortant, c'est réussi! Elle a honte pour lui.

mardi 18 septembre 2007

En douce

Bizarre. Depuis peu, quelqu'un s'amuse à glisser des billets manuscrits sous la porte. Le dernier en date portait l'inscription suivante:

ce qui prête à rire, donne à penser

Sur un autre, on pouvait lire:

quand on se penche pour regarder le ciel dans la rivière, on voit des poissons dans les arbres

Et sur celui-là encore:

même parvenu au sommet de la montagne, un nain reste un nain

Mezzig se demande de qui ça vient ces bouts de papier. Trop subtil pour être l'oeuvre d'un Mose. Kraine ne se permettrait pas. Trop effacé. Clampin, lui, il ne met plus les pieds en ville. Quant à la Virago, c'est exclu pareillement: à cause du nain sur la montagne.

A ce jour, l'énigme reste donc entière. Mezzig est sceptique. Affaire à suivre.

lundi 17 septembre 2007

Parti pris

La nouvelle n'a pas été longue à se répandre. Aux dernières élections, la Virago a voté majoritaire, ce qui n'a étonné personne. Les habitués encore moins. C'est l'intéréssée elle-même qui s'en est vanté.

La couleur avait été annoncée avant les résultats. La Virago ne tarissait pas d'éloges pour le petit, celui qui allait redresser la barre et rétablir l'ordre où nécessaire. On allait enfin remettre tout le monde au travail et se débarasser des tire-au-flanc.

Ajouter à cela un couplet sur les colorés qui feraient mieux de ficeler leur baluchon fissa, les assistés qui vivaient au crochet des allocations et les messies de tout poil (allez savoir pourquoi, Mose s'était senti directement visé) et le programme était bouclé.

Jusque là très discrets, les opposants n'avaient pas tardé à se manifester. En plus des verres, la Virago avait dû essuyer quelques vertes saillies, ce à quoi elle n'était pas habituée.

Au pire de la crise, on l'avait traitée des militante des droits du gnome. Un trait qu'elle n'avait pas encore digéré.

dimanche 16 septembre 2007

Fond d'écran

Nul besoin de tourner autour du pot. C'est immédiat: l'air est bleu. La lumière entame son déclin. Des parfums montent à l'horizon du soir.

Au fil du goudron, la 2Cylindres est toute à son affaire. Vitesse de croisière atteinte. Le moteur à température. La mécanique produit son effet. L'échappement ses pétarades.

C'est parti pour rouler! S'envoyer de la route sans aller nulle part. S'avaler de la borne au kilomètre histoire de rester en selle. Filer dans le décor, la machine serrée entre les jambes. Le ventre soudé à l'engin...

Mezzig se marre. Heureusement que personne n'est là pour l'entendre. Il aurait l'air de quoi!? Si on peut plus se faire son cinéma sans déranger, c'est quand même un monde!

samedi 15 septembre 2007

En quête

Après plusieurs tentatives infructueuses (l'animal avait l'air sur ses gardes), un premier contact sérieux fut établi. Comme souvent, c'est le hasard qui s'en mêla.

Kraine était sorti s'acheter de quoi fumer. Jusque là, rien de bien captivant. Sauf qu'au retour, mauvaise surprise: pas de clés, oubliées à l'intérieur. Seule échappatoire, sonner chez Mezzig pour regagner ses pénates en sautant par dessus le mur mitoyen du jardin.

Bien entendu, Mezzig ne s'est pas fait prier. Il en a profité pour improviser un brin de causette. Kraine était coincé.


On avait franchi un pas raisonnable, l'essentiel étant de ne pas perdre la main. Mezzig ne voulait
pas non plus avoir l'air trop curieux. Kraine aurait pu se méfier. Et puis, le côté mystérieux du
quidam avait quelque chose de séduisant.

Kraine se montra aimable. Il plut à Madame et Li Pouiye, après l'avoir flairé copieusement, offrit son ventre à gratter. Preuve qu'il était en confiance.

L'affaire progressait. Mezzig était aux anges.

vendredi 14 septembre 2007

Sang d'encre

Le monde est un arc en ciel écarlate. D'un côté, les Mauves. De l'autre, les Fuchsia. Mauves et Fuchsia sont en guerre. Pour maintenir l'ordre, les Vermillon font tampon.

Régulièrement, les Mauves montent une embuscade contre les Fuchsia. Il y a des morts.

En représailles, les Fuchsia lancent une attaque en règle contre les Mauves. Les Vermillon s'interposent. Il y a des morts.

La sanction est immédiate. Pour se venger, Mauves et Fuchsia décrètent une alliance et provoquent les Vermillon au combat. Mieux armés, les Vermillon repoussent l'assaut. Il y a des morts.


En pleine déroute, les Mauves se retournent contre les Fuchsia qu'ils accusent de trahison. Les Fuchsia ripostent. C'est l'affrontement. Encore des morts.

Les Vermillon sautent sur l'occasion pour durcir l'offensive. Mauves et Fuchsia sont défaits. On dénombre de rares survivants.

Indignés, les Pourpre décident d'envoyer des troupes pour séparer les belligérants et tenter de sauver des vies.

Les Grenat désapprouvent et mobilisent...On craint de nouvelles victimes.

Aucun doute n'est permis: la guerre c'est la paix. Mezzig abdique.

jeudi 13 septembre 2007

Par excès

Clampin a entendu parler d'une idée qui circule dans le voisinage qui dit qu'il faut s'activer davantage pour ramasser plus. C'est discutable.

On devrait envisager un autre point de vue. Par exemple, se dépenser moins pour en profiter pleinement.

C'est une piste à creuser. Sans trop se fouler s'entend.

mercredi 12 septembre 2007

A propos

La nature est gironde. Pleine comme un oeuf. Travail en cours. L'accouchement va bon train. Sans douleur.

Mezzig écoute.

C'est la saison parfaite. La fin du cycle. L'instant de délivrance. La terre est à point. Elle craque. Elle déborde. Elle se répand partout. On n'a qu'à se baisser.

Mezzig est au diapason.

C'est un vrai régal. L'impression d'une plénitude. D'une générosité sans pareil. La grande liquidation des stocks avant fermeture.

Là, Mezzig fait la moue. Trop fonds de commerce comme image.

Mais si! On se débarasse. On laisse rien derrière. Table rase. Le coup de grâce. Pour faire la nique à l'hiver. Lui couper les vivres. Qu'il soit moins mordant. Qu'il s'épuise avant.

Mezzig a suivi. C'était édifiant comme échange. On devrait inviter des gens plus souvent.

mardi 11 septembre 2007

Hygiène de vie

Une fois sorti, deux options se présentent: remonter la rue par la gauche ou la descendre en partant dans l'autre sens. Il n'y a pas de règle. D'ailleurs, descendre ou monter, ça ne signifie rien: la rue est aussi plate qu'un faux compliment.

Après, grosso modo, c'est le même parcours à chaque fois. A l'endroit ou à l'envers. On passe au pied des immeubles, entre les voitures en stationnement et le peu de pelouse disponible où dégourdir Li Pouiye. Retour le long de la voie de chemin de fer. C'est bouclé.

Par beau temps, Mezzig pousse jusqu'au jardin public, mais c'est une exception. Trop propret. Trop prout-ma-chère. Délicat de faire crotter la bête sans s'attirer les foudres du gratin.

En plus, Li pouiye à horreur des ballet-brosse à la noix et autres bichons de service.

Mezzig adhère: tous les derrières ne sont pas bons à renifler.

lundi 10 septembre 2007

Divergences

Mose au téléphone. Le Comité pour la restauration de la Touffe à l'Ancienne bat de l'aile. Plusieurs cotisations n'ont pas été renouvelées. les finances sont au plus bas. Il faut convoquer une assemblée dans l'urgence.

Mezzig considère au contraire que, par nature, le mouvement est voué à demeurer clandestin, qu'il s'agit plus d'organiser la résistance que d'avoir pignon sur rue.

Mose, lui, voit plus grand. Il penche pour un regain d'activisme. Il est pour des actions plus spectaculaires. Dans son idée, il s'agit de mettre tout en oeuvre pour alerter l'opinion plutôt que de continuer à comploter dans son coin.

Mezzig rétorque que le risque c'est de favoriser le développement de la Touffe académique au détriment de son homologue sauvage. Plus authentique. Plus ébouriffée par définition.

L'argument vaut d'être examiné de près. Mose s'accorde un délai de réflexion. Il rappelera.

samedi 8 septembre 2007

Jeu de Main

C'est beau. C'est émouvant. Tous ces paquets de chair qui s'empoignent pour couver le même oeuf. On dirait une explosion de maternité débridée. Le retour de l'ancestrale croisade pour la conservation de l'ovule. L'éclosion de la moderne Ovalie, souveraine porteuse des tribunes.

En espérant que la liesse ne soit pas trop prématurée...

vendredi 7 septembre 2007

Pas Potes

La Glotte n'a pas son pareil pour ce qui est de la discute. Il suffit de s'asseoir dans un coin et de tendre l'oreille. Mezzig ne s'en lasse pas. Il s'installe avec son café et se fait oublier. La suite ne tarde pas à venir.

La Virago: déjà sur l'pont ces deux là! on peut dire qu'ça traîn'pa!

Client no1: (ironique) on est tellement bien r'çus ici qu'on aurait tort de s'priver.

Client n2: (inspiré) à la guerre comme à la Glotte: le canon faut qu'ça dépot!

La Virago: au moins avec des rudes comme vous, c'est vos fem' qui doiv'ètes tranquilles!

Client no2: sûr qu'c'pa ici qu'é craign'd's'attraper des cornes...

Client no1: ni nous un tour d'reins!...
(coup d'oeil circulaire: cherchant l'approbation)

Autres clients: .............................(sourires en coin)

D'accord, la qualité des échanges n'est pas toujours au rendez-vous mais, ça fait rien, ça passe le temps.

jeudi 6 septembre 2007

Café Corset

Mademoiselle Virago n'aime pas les hommes et c'est ce qui les attire. Mademoiselle Virago tient la Glotte d'une main de fer et c'est ce qui les fait rêver. Cerise sur le gâteau, Mademoiselle Virago est de l'autre bord et elle ne s'en cache pas. C'est d'autant plus exotique.

La Glotte est un établissement sans chichi, à l'image du quartier. Un comptoir bois et zinc. Chaises et tables dans la tradition. Pas de musique cache-misère en bruit de fond. Un service pètesec, voire cassant les mauvais jours. A la mesure des lunes de la patronne.

A la Glotte, Mezzig ou pas Mezzig, tout le monde est logé à la même enseigne. Là dessus comme sur le reste, la maison ne fait pas crédit.

mercredi 5 septembre 2007

Pierre Paul Jacques

Mis à part la P'tit Dame d'en Face qui croyait qu'il était médecin à cause de la sacoche en cuir qu'il baladait toujours avec lui, on a d'abord soupçonné Kraine de tremper dans des histoires louches. On n'en aurait pas donné sa main à couper mais, avec sa tête pas comme les autres, son allure, ses va-et-vient inexpliqués, sans parler de son espèce d'accent à la cosaque, ça poussait à gamberger. On aurait aimé en avoir le coeur net.

Mezzig était au premier rang question renseignements. Après tout, Kraine et Mezzig étaient voisins, c'était donc lui le mieux placé. On lui faisait confiance pour approcher le bonhomme et grapiller des informations.

Mezzig n'avait rien promis. Il avait lancé On est encore en Démocratie, oui ou quoi!!!

Quelqu'un avait balancé Quoi! mais impossible de dire qui. La liberté d'opinion, c'est pas toujours une évidence.

mardi 4 septembre 2007

Mise en Jeu

Entre ceux qui changent de file sans clignoter. Ceux qui rêvent de le gratter au démarrage.
Ceux qui pilent au feu, qui reculent sans regarder. ceux qui se tamponnent des priorités ou se recoiffent au stop.

Entre ceux-là et les autres qui roulent à donf, vitre ouverte et musique plein pot, les frappés du champignon, les fadas de la culasse, Mezzig n'a que l'embarras du choix.

Auquel rendre hommage? A qui décerner la palme? Les délibérations sont au point mort.

On prend les paris: qui c'est qui va casquer entretemps?

dimanche 2 septembre 2007

Sur Mesure

Dans telle rue, derrière telle porte, sur ce balcon, sur ce coin de trottoir, sous tel toit, les épisodes de sa vie sont ancrés. Il n'y a qu'à tourner les pages.

D'un côté, c'est troublant comme de marcher dans un décor de cinéma. Celui où l'on a tourné ses scènes les plus marquantes. Vu sous un autre angle, l'impression d'être pris au piège n'est pas loin. Pas moyen de quitter l'écran, d'échapper au scénario. Impossible de troquer son rôle contre un autre.

Mezzig ne serait pas contre un changement de costume pour une fois. Le sien est un peu râpé aux entournures. Passablement fripé itou. Il faudra qu'il en glisse un mot au producteur la prochaine fois.

Si au moins on lui disait qui c'est et à quoi il ressemble.

samedi 1 septembre 2007

Et toque!

Madame s'interroge. A quoi ça sert de rédiger un, comment tu appeles ça déjà?...glob, c'est curieux, ça sonne un peu comme, ça fait...bon, ça fait rien, passons...donc quel est l'intérêt d'écrire son... glop sans savoir s'il y a quelqu'un qui lit. Elle dit que c'est comme de faire la cuisine tous les jours pour un invité qui ne viendra peut-être jamais.

Mezzig trouve la comparaison intéressante. Concocter des petits plats pour le plaisir. S'inventer de nouvelles recettes. Varier les assaisonnements, la cuisson. Se creuser les méninges au fourneau.

Madame rétorque que tiens, à ce propos, c'est pas souvent qu'il met la main à la pâte côté fourneaux.

Mezzig objecte qu'il ne voit pas le rapport. Sur quoi, Madame souligne qu'elle non plus, de rapport, elle n'en voit pas une miette.

Mezzig se défend qu'elle ne manque pas d'estomac mais c'est sans conviction.