vendredi 27 avril 2012

Pudeur tardive

Dans le quartier, les choses ont bougé. Enfin, les choses: les gens surtout, parce que les choses, si personne ne les déplace, en principe, elles restent là où elles sont.

Y'a bien quelques malins, la nuit, pour mettre la pagaille à l'heure où  ça n'est pas indispensable mais, dans l'ensemble, rien d'alarmant.

Le fait est que ça n'est pas toujours facile d'avoir des tonneaux de problèmes existentiels, un sacré coup dans le nez, et de le faire savoir à ceux qui dorment, l'instant de se sentir moins abandonné.

Mezzig n'ira pas jusqu'à se vanter d'avoir été toujours irréprochable au temps jadis, bien qu'il tienne absolument à rester discret sur ce point pour ne pas prêter à confusion.

jeudi 19 avril 2012

Ou ne pas lettre

Enchaînons, Mezzig était donc prêt à remettre le pied à l'étrier, preuve si besoin était (et besoin était) qu'il ne craignait pas de se montrer cavalier!

Madame qui connait l'animal, ses ruses et ses ruades, s'échauffe: elle aimerait savoir si les prolégomènes vont encore durer longtemps, parce que là, il y en a peut-être qui s'impatientent.

Chacun le constatera, Madame n'a pas changé: toujours le mot pour faire douter de son vocabulaire. La formule idoine rescapée de derrière les fagots. 

On n'est pas obligé non plus de causer plus bas qu'on a la ceinture sous prétexte que ça fait genre, cautionne Mezzig en épluchant le dictionnaire.

mardi 10 avril 2012

Chamboule trous

Autant commencer par le recommencement.

Depuis sa crise de repli sur soi doublée d'une poussée de mutisme suraiguë, Mezzig avait un peu perdu le cour des évènements. Certes le décor alentour avait peu changé. Il y avait bien eu quelques travaux dans la rue, avec une ravalement par ici, une mise aux normes par là, mais rien de vraiment substantiel.  

A l'inverse,  il n'y a plus personne en ville pour ignorer que quelque chose se Tram à Trous sur Gloire. Un peu partout, c'est la grande explosion de chaussées éventrées, d'artères tailladées, d'avenues éviscérées. On fore, on perfore, on tirebouchonne, on excave, on barricade, on chicane, on détourne, on couloir-de-bus, piste-cyclabe et circulation alternée à fond les wagons!

Madame trouve qu'il ne faut rien exagérer. Mezzig contrarie qu'il ne faut rien minimiser. D'un point de vue strictement conjugal, on est gratifié d'un bel élan de transports en commun pour finir.

vendredi 6 avril 2012

Vent debout

Bon, d'accord, il avait vu large. Le projet était ambitieux, bien au-delà de ce qu'un déficient de son espèce pouvait encaisser. Tenir son Glob à bout de bras, sans assistance ni comité de réanimation, lui avait coûté une bonne partie de sa réserve de matière grise et sapé son moral.

Aussi, c'était décidé, il allait s'y remettre et s'y prendre autrement. L'important étant de hisser la grand-voile et de garder le cap.

Mezzig s'épate au passage de s'entendre s'exprimer de la sorte, lui qui n'a jamais eu l'optimisme en poupe, la métaphore marine encore moins.

mercredi 4 avril 2012

Assez duré

Mezzig avait bien senti que le vent s'était mis à tourner mais quand on est bas de plafond, c'est difficile de relever la tête pour vérifier.

Madame l'avait pourtant prévenu, au train où ça filait, on allait droit aux anicroches - oui, Madame sait parler si l'on n'a pas oublié! Fidèle à lui-même, Mezzig n'avait rien voulu entendre. Ainsi était arrivé ce qui devait arriver.

Il est raisonnable de se demander à ce stade de la reprise du feuilleton ce qu'il y a à entendre dans le peu de clarté d'un tel propos. C'est bien ce qui rend la chose encore plus intéressante, laisse planer le doute Mezzig.


vendredi 15 mai 2009

Compte d'auteur

Ses poèmes ne manquent pas de saveur. Quelques-uns sont délicatement épicés. Soulignés d’un soupçon de poivre. D’une pincée pimentée.


D’autres sentent le miel. La girofle. La fleur d’oranger. Avec, parfois, de vagues touches acidulées.


Franchement, Samar aurait tort de rougir. Madame est d’accord.

Celui qu’elle préfère? Difficile de choisir. Celui-là peut-être:


L’oiseau dont tu avais coupé les ailes 

est mort

de ne plus savoir voler

quand elles ont repoussé.


Mezzig, lui, ce qu'il a surtout retenu tient en un vers:


Il fait nuit tous les matins.


Est-ce qu'il y en a encore que ça étonne!






lundi 11 mai 2009

En haleine

Si vous voulez aller trop vite, prévient Clampin au début du cours, le souffle va vous manquer et vous aurez l'impression d'étouffer.

A l'inverse, si vous voulez aller trop lentement, le souffle va s'épuiser et vous aurez du mal à respirer.

Conclusion: ne cherchez pas à bien faire. N'essayez pas d'atteindre un but. N'attendez aucun résultat.

Est-ce que c'est enregistré? vérifie Géronyme.  

Au dernier rang, Mezzig fanfaronne que c'est tout vu: ce soir, il y en a encore qui vont s'en prendre plein les bronches!




dimanche 10 mai 2009

Tare ta gueule!

Douze ans. Il avait douze ans. L’âge où l’on délaisse ses peluches pour revêtir son armure de preux chevalier. L’âge où l’on s’empresse de quitter la table pour aller terrasser les monstres et délivrer les fées. Où l’on chevauche sans trembler ses rêves de gloire et d’invincibilité.


L’âge où l’on se râpe les genoux sur le traître goudron. Où l’on s’écorche aux épines sans broncher parce qu’on est un dieu, un héros, un géant et que ça fait même pas mal.


Douze ans. Rayonnant comme un Prince. Avec autant de sucreries que de promesses au fond des poches.


En ce moment, s’il croisait la mort au coin de la rue, Mezzig lui remonterait vertement les bretelles. Sans autre forme de cérémonie!


(Pour Dorian)


mardi 5 mai 2009

Gay pied

La nuit a été longue. A première vue, l'endroit semblait idéal. Une aire de stationnement au bout d'un chemin carrossable à travers les pins. La plage juste derrière la dune et rien alentour.

Et puis, l'après-midi, le manège a débuté. Une voiture se gare. Le chauffeur poireaute en musique, fume, reluque, moteur en marche, faussement dégagé.

Arrive le second véhicule. Un tour pour rien. Le conducteur repère l'autre caisse arrêtée. Se poste à proximité. Patiente. Vient se coller à hauteur de portière.

Comme ça jusqu'à quatre heures du matin. Le carrousel intégral. Le cirque au grand air. La valse à l'envers.

S'il n'y avait pas eu le Gamin, Dédé serait sorti leur en toucher deux mots. Juste pour s'assurer qu'un homme inverti vaut vraiment la paire!




samedi 2 mai 2009

Coup de rein

Après consultation, le véto a déclaré que, bien que vieillissant, qui ne l'est pas! Li Pouiye était un chien parfaitement d'attaque.

Pour tout commentaire, l'intéressé s'est contenté de compisser dédaigneusement la table d'auscultation avant de s'éclipser.

Il faut s'y faire s'est dédouané Mezzig, avec lui c'est toujours toutou rien!




samedi 25 avril 2009

But en blanc

On doit comparer ce qui est comparable.

Pour n'en choisir qu'un au hasard, est-ce qu'un Brad Pitt aurait eu un destin similaire s'il s'était appelé Prad Bitt? 

Mezzig estime que la question méritait d'être posée.


dimanche 19 avril 2009

Table rase

D’après ses calculs, ça fait un moment qu’il n’est pas tombé par hasard sur quelqu’un de connaissance. Pareil dans l’autre sens: ça doit faire un bail que quelqu’un n’est pas tombé sur lui par hasard..


De là à conclure qu’il est fort probable que Mose ne connaisse plus personne à des kilomètres à la ronde, il n’y a pas long.



vendredi 17 avril 2009

A vos marques!

Est-ce qu’il est disposé? Madame aimerait lui lire un passage:  


Il était à cet âge dangereux où les hommes se rendent soudain compte qu’ils vont mourir, par la force des choses, et qu’ils n’y peuvent rien, ce qui ne les empêche pas d’essayer: ils sautent sur tout ce qui bouge, écoutent Bruce Springsteen à ses débuts ou encore s’achètent une moto haut de gamme (généralement une BMW K 1200 LT, ce qui accroît leurs chances de mourir plus tôt que prévu).


Pris de court, Mezzig lui demande de qui c’est.


Kate Atkinson: La Souris Bleue. Edition de poche.


Un instant silencieux, Mezzig reprend aussitôt la main que ça n’a peut-être pas l’air comme ça mais, lui par exemple, s’il devait changer sa 2Cylindres, tant qu’à faire, il reprendrait la même.


Ce qui montre bien que c’est écrit par quelqu’un qui n’y connaît rien son bouquin. 


Vu sous cet angle, évidemment, Madame n’a plus qu’à remballer la marchandise!




mercredi 15 avril 2009

Sacré coco

Vraiment bravo! Non content de se montrer désagréable envers ses beaux-parents, il s’est senti obligé de faire étalage de sa goujaterie devant ses petits-enfants, cousins et cousines réunis.


Qu’il réserve ce genre de comportement aux grandes personnes, c'est déjà limite. Par contre, qu’il inflige ses poussées d’acidité aux plus jeunes, Geneviève s’empourpre que c’est carrément choquant.


De fait, Edmond de St Edmond s’incline qu’il arrive que ces incontournables rassemblements de famille lui courent sur le haricot. Cette année plus que d’habitude.

A présent, qu’il se fasse sonner les cloches, c’est logique: il n’était pas supposé faire l’oeuf à ce point là non plus!





vendredi 10 avril 2009

Au demeurant

A force de croiser tous les jours les mêmes personnes aux mêmes endroits, on finit par ne plus faire attention au temps qui passe. On vit comme si les choses étaient faites pour durer. Comme si les gens étaient éternels.


Jusqu’à ce qu’un jour on réalise que quelque chose n’est plus à sa place habituelle ou que quelqu’un manque à l’appel et, d’un seul coup, il nous revient en mémoire que rien ne reste figé malgré les apparences.


En définitive, rien n’est plus immuable que l’éphémère finit de deviser un Géronyme Clampin au sommet de son envolée.


Quant à ceux qui seraient pris d’un doute, surtout qu’ils veuillent bien se rassurer: ça leur passera!





lundi 6 avril 2009

Dernière minute

Madame qui était à la cuisine et n’a rien entendu demande ce qu’ils racontent aux infos.


Mezzig se fait un plaisir de rapporter que pour sa première tournée à l’étranger il ressort que le nouveau président des Etats casse la Barack. De source autorisée on va même jusqu’à rapporter que les observateurs présents sur place en sont restés Bush bée! 


Bon client, Mezzig se congratule: il y en a au moins un des deux que ça fait rire ses âneries.


samedi 4 avril 2009

A l'allumage

Les amis de Diane sont dubitatifs et ne s’en cachent pas. Ce n’est pas que son nouveau compagnon leur déplaise mais il ne parle pas beaucoup. Est-ce qu’il est toujours comme ça?


Diane rétorque que dès qu’il aura franchi la porte, ils n’auront qu’à lui demander.


Sur ce, Kraine fait son apparition, dit bonjour, se sert à boire et s’installe au milieu des convives. A peine installé, les questions fusent: est-ce qu’il est toujours aussi silencieux? Est-ce qu’il a une raison? Est-ce qu’il pourrait les renseigner?


Kraine dit que c’est simple à comprendre: avant, il était du genre à l’ouvrir tout le temps. Jusqu’au jour où il avait compris que, comme la plupart de ceux qui la ramènent facilement, il aurait mieux fait de la mettre en veilleuse.


A l’avenir, il espère qu’il ne sera pas nécessaire d’apporter d’autres éclaircissements sur le sujet. 


Au contraire, entonne le choeur contrit des commensaux, c’est on ne peut plus lumineux!






mercredi 1 avril 2009

Ristourne

A titre exceptionnel, Samar qui a ça dans le sang, fait un geste commercial: en boîte, en bocaux ou à la louche, aujourd’hui, c’est du 50%. 


Chiche ou pas chiche, les pois sont d’Avril! Alors on en profite!



samedi 28 mars 2009

De fil en aiguille

Comme à chaque fois, le sujet divise. Des voix s’élèvent. La conversation s’emballe. La Glotte s’échauffe.


Soucieuse de clore le débat, La Virago qui n’entend pas se laisser grimper sur les ergots monte aux créneaux que cette nuit, c’est d’accord, on avance l’heure d’une heure mais, en réalité, c’est d’une heure qu’on recule. 


Ce à quoi les plus sceptiques objectent à juste titre qu’il faudrait savoir: c’est une heure en plus ou une heure en moins qu’on va gagner. Parce que c’est pas la même chose. 


Sur ce point, Mezzig est unanime: depuis le temps que ça dure la plaisanterie, est-ce que ça vaut encore la peine d'en faire toute une pendule?