lundi 20 octobre 2008

Peau de lapin

Geneviève de St Edmond n’a pas de conseil à lui donner, il est assez grand pour se débrouiller tout seul, mais elle ne lui trouve pas l’air folichon, des yeux de cocker en veuvage, la peau en berne et des débuts de rondeur à surveiller.


A son humble avis, St Edmond devrait faire comme elle. Sortir davantage. Fréquenter des gens intéressants avec qui s’éclater.  


Il pourrait aussi faire de la marche, ressortir sa vieille bicyclette, se mettre au jogging, est-ce qu’elle sait, prendre un abonnement dans un club de remise en forme, aller à la piscine, changer son alimentation, prendre rendez-vous chez l’esthéticienne, se faire masser, quand on peut se permettre, ce n’est pas le choix qui manque.


De St Edmond ne dit pas le contraire, si quelqu’un d’autre pouvait le prendre en main, il serait le premier à s’en réjouir. C’est encore ce qu’il y a de mieux pour se mettre en branle!





Découvrez Jefferson Airplane.

dimanche 19 octobre 2008

Les bons comptes

Comment se fait-il qu’il ne soit pas cité plus souvent dans son Glob? Ça fait des semaines que son nom n’est pas apparu, comme si Mezzig faisait tout pour éviter de le mentionner. Est-ce que par hasard il aurait quelque chose à lui reprocher? Samar aimerait savoir.


Parce que si c’est ça, autant lui dire en face et percer l’abcès pendant qu’il est mûr. Que les choses soient claires et qu’on n’en parle plus.


Mezzig avoue péteusement que ça ne lui a pas échappé mais qu’il ne peut pas être partout à la fois. Qu’il a déjà du mal avec son propre souk intérieur et qu’il fait de son mieux pour que tout le monde soit servi.


Mais qu’il ne s’inquiète pas, Samar aura droit a son billet un de ces quatre. Inutile qu’il s’endette pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Comme ça, l'affaire est soldée.



Découvrez Jimmy Reed

mercredi 15 octobre 2008

Ergo sum

En supposant qu’il sorte tout de suite, ce serait l’idéal. L’après-midi est à peine entamé: ça lui laisserait toute latitude pour faire ce qu’il a faire. En même temps, comme il n’a rien prévu de particulier, qu’est-ce qui l’empêche d’y aller après?


Pas grand chose à dire vrai, si ce n’est qu’il n’a pas très envie. Ni là, ni plus tard. Franchement, ça ne l’emballe ce qui s’appelle pas du tout.


Une autre fois, alors. Sauf incident particulier. Dans ce cas, le plus tôt serait le mieux. C’est à dire maintenant. A condition toutefois...


Que voulez-vous, il est comme ça, Mezzig: capable de rester cloîtré à se poser des questions existentielles indémêlables. Assez pour cogiter à l'infini!


Tout bien réfléchi,  c'est loin d'être le seul à qui ce genre de chose arrive. Vous en connaissez sûrement d'autres comme lui. Vous-même, peut-être... Mais n'entrons pas dans les détails.


lundi 13 octobre 2008

Tel est pris

Il avait prévenu: le premier qui vient traîner ses guêtres, sa bedaine et ses tenues de camouflage sur son terrain, aura droit à une réception dans les normes.


Evidemment, ça n’a pas raté: hier, Géronyme Clampin en a levé une belle brochette, le doigt sur la gâchette et la mine assassine, en embuscade au fond du jardin. 

  

Ni une ni deux, hirsute et furibard, Clampin s’est rué hors de sa tanière leur donner la chasse aussi nu et bramant qu’un incube en chaleur.


Pris de court, les as du fusil ont aussitôt pris la poudre d’escampette: au mieux, ça leur mettra peut-être un peu de plomb dans la cervelle.




vendredi 10 octobre 2008

Cercle mélodique

Ça n'arrive pas souvent: ce soir Clotilde n'a pas le goût à grand chose. Elle s'est forcée à manger vite fait. Pas vraiment faim. Envie de rien. Hormis se fourrer au lit.


Allongée dans la pénombre, elle se repasse en boucle la même chanson


Découvrez David Gray!



qu'elle écoute les yeux fermés comme un air qui fait du bien et la chavire à moitié.


jeudi 9 octobre 2008

Faux départ

Parce que les occasions sont rarissimes d’en croiser une de la même trempe, la 2Cylindres s’est mise à frétiller du chrome à la vue du généreux calibre arrêté au feu. Un peu plus et il était impossible de contrôler ses ardeurs tellement l’atome était crochu.


La rencontre s’annonçait donc sous les auspices les plus favorables et, c’est la culasse légère, que, remontant la file des voitures, l’équipage amorçait en douceur sa manoeuvre d’accostage.

Et puis vlan, coup de théâtre: voilà que l’autre lui démarre plein pot sous le carénage. Mezzig s’emmêle les pinceaux dans les rapports, la 2Cylindres est à deux boulons de caler, hoquette minable, avant de reprendre le fil décousu de la circulation.


La prochaine fois, la pétroleuse gardera ses distances: ça lui apprendra à vouloir se mélanger les engrenages avec n’importe quel goujat.





mercredi 8 octobre 2008

Appel d'offre

Allo, Monsieur Mezgig, j’ai...


Mezzig! Moi, c’est Monsieur Mezzig. Ça se prononce Mezzig.


Escuzez, Monsieur Muezic,...


Pas Muezic: Mezzig! 


D’accord, M’sieur Muezzig, je suis au plaisir de vous annoncer que votre-numéro-a-été-tiré-au-sort-afin-de-vous-faire-bénéficier-des-derniers-avantages-de-notre-contrat-d’assistance-aux-primo-accédants-à-la-propriété. Est-ce que vous...


Mezzig coupe court en précisant qu’il a passé l’âge. Qu’il aurait préféré son poids en solutions capillaires et autres crèmes de maintien. Si la personne veut bien rappeler demain, il aura peut-être d’autres idées à lui soumettre. 


Mais surtout, qu'elle ne se sente pas obligée. On sait ce que c'est de ne pas avoir une minute à soi.




Découvrez Dead Can Dance!

lundi 6 octobre 2008

En germes

Il fallait s’y attendre. Avec tous ceux qui toussent, éternuent, reniflent, se mouchent, crachotent, Madame a rapporté dans son cartable de quoi propager l’épidémie.


Soucieux de sa santé, Mezzig porte un masque qui lui mange la moitié du visage et lui donne des airs de citadin nippon. La nuit, il se tourne sur le côté, face au mur, un foulard plaqué sur la bouche et soigne ses apnées.


A titre préventif, Mezzig se badigeonne aux huiles essentielles, respire des extraits de menthe poivrée, se bétonne à la gelée royale et au ginseng, s’administre granules, gélules et pastilles, se gorge de vitamines.


Madame remet les pendules à l’heure qu’elle n’a qu’un rhume. Mezzig entend bien: il tient juste à souligner qu’il est encore trop tôt pour augurer de ce qui lui pend au nez après.




Découvrez Dover!


dimanche 5 octobre 2008

Entartine

Des heures. Il pourrait rester au volant pendant des heures sans se lasser. Ce matin, par exemple, il n’y a pas un chat sur la route. La campagne est reluisante. Parée des premières rousseurs de l’automne.


En sortant d’un virage, planté au milieu d’un champ, goupil, de retour de bamboche, tourne la tête, surpris par le bruit. Plus loin, un vol de canards sauvages émerge d’un banc de brumes. Epaisses et placides les vaches paissent. 


Dédé a mis le chauffage, de la musique. En douce, pour ne pas déranger le Gamin qui n’a pas quitté la couette. A l’horizon, le ciel est changeant. Poussés par le vent, les nuages se courent après. 


A son rythme, la roulotte boulotte les bornes, traverse des hameaux sans âme, se hisse et dévale au gré des moutonnements. 


Vous le croirez ou non, c’est bon comme une fournée de pain blanc. Dédé n’en perd pas une miette.




Découvrez DERYL DODD!


vendredi 3 octobre 2008

Chipote aux roses

A force d’en entendre des vertes et des pas mûres, Mezzig s’accroche aux branches: crise ou pas crise, récession ou pas, le fait est que, par les temps qui bavassent, on sait de moins en moins à qui faire crédit!





jeudi 2 octobre 2008

Sans décoller

Tiens, pendant qu’il est là, lui qui a tellement d’humour, la Virago en a une bonne à lui poser:


Est-ce qu’il sait pourquoi on ne voit pas souvent d’aviateurs à la Glotte?


Mezzig donne sa langue au chat.


Parce qu’ici, on n’accepte pas les Blériot! ....Alors, elle est pas drôle?


Mezzig concède mais pondère que ça ne vole pas bien haut.



Découvrez The Moody Blues


mercredi 1 octobre 2008

Triangle dort

Belle lurette que le sujet n’est pas revenu sur le tapis! Edmond de St Edmond en deviendrait presque soupçonneux.


Il n’y a pas si longtemps, une occasion n’attendait pas l’autre. A croire que rien n’était plus important au monde. Sans exagérer, c’en était presque horripilant.


Et puis, du jour au lendemain, plus rien. Rideau. L’écran total. L’omertà. 


Exit la Touffe à l’Antique, à l’Ancienne, en Choucroute, est-ce qu’il sait! Edmond en perd le fil, enfin bref, le gratin de la motte, le dernier cri de la moumoute, le nec plus ultra du pompon.


Par curiosité, il faudra qu’il réclame la suite du feuilleton auprès de sa très chère. En la circonstance, elle ferait preuve d’un sacré toupet si elle en profitait pour jouer la chattemite!




Découvrez Various Artists!


mardi 30 septembre 2008

Carrousel amer

On a beau savoir que tout a une fin, quand il faut plier les gaules, faire les sacs, nettoyer à fond, refermer derrière soi et parcourir la route en sens inverse, il y a des pincements au coeur qui vous prennent à la gorge.


On est comme un enfant à la fête foraine. Les yeux pétillants de splendeur. Avec, sur la langue, un goût de nougatines et de gaufres au sirop. 


On voudrait que les aiguilles s’arrêtent de tourner le temps d’un dernier tour gratuit. Après, c’est juré, on sera sage, on s’en ira sans se rouler dans la poussière et les confetti.


Dans la voiture, Diane scrute Kraine à la dérobée. Son air ténébreux. Ce silence depuis le départ. Au final, le petit garçon n’aura pas tenu parole: Monsieur boude à fond les manèges! C’est vraiment pas du jeu.





lundi 29 septembre 2008

Pesant d'or

Si elle fouille dans l’armoire, entre les draps, elle trouvera une enveloppe avec une partie de ses économies. Les reste est dissimulé sous l’escalier dans une boîte métallique fermée à clé cachée au fond du tiroir de la table de chevet.

S’il arrivait malheur, Clotilde n’aura qu’à prendre le magot et le garder pour elle. Personne d’autre n’est au courant. Même pas
ses enfants. Pour ce qu’elle les voit, ils ne méritent pas son argent.


Clotilde lui dit qu’elle ferait mieux de placer ses sous à la banque mais la P’tit Dame d’en Face s’emballe que c’est tous des voleurs qui s’engraissent sur le dos des braves gens et quand les caisses sont vides, ils envoient les couillons sur les roses et on a plus que ses yeux pour pleurer.


C'est comme ça depuis toujours: quand les gros ont fini de s’empiffrer, c’est les petits qui ramassent les miettes. 


Les cordons de la bourse, comme ils disent, c’est pas encore aujourd’hui qu’on va les leur couper. 




Découvrez Tommy Steele!


vendredi 26 septembre 2008

Mise au chapitre

S’il a bonne mémoire, le livre qu’il cherche devrait être quelque part dans un de ces cartons qui pullulent à la cave. Il est sûr de l’avoir rangé avec les autres. Oui, mais où?


Ça fait quelque temps déjà qu’il se répète qu’il ferait bien de le relire. D’autres aussi. Tous peut-être. Celui-là surtout. Il ne sait pas pourquoi mais il y pense souvent. Certains jours, il a l’impression que l’histoire qu’il raconte est en train de se réaliser. 


Il ne se souvient pas de tout, seulement de certains passages, c’est bien ça qui l’embête. Il a l’impression qu’il y verrait plus clair s’il remettait la main dessus et qu’il le reprenait depuis le début.


L’ennuyeux, c’est qu’il y en a des kilos à remuer avant de le localiser. Au bas mot, ça peut lui prendre le choux une partie de la matinée. A condition qu’il ait de la chance.


Tout compte fait, Mezzig préfère remettre ses recherches à plus tard. Passer des heures à risquer la surchauffe pour finir en sur place, il a l’habitude. Autant tourner la page.





Découvrez Bruce Springsteen!

mercredi 24 septembre 2008

Pas de deux

Les vieux beaux qui lui emboîtent le collant et la suivent à la trace pendant qu’elle trottine, Montana en a plein les basques. 


Pour s’en défaire à la régulière, elle allonge la foulée, accélère le train. Aussitôt, à l’arrière, le palpitant à la remorque, ça frise le collapsus.


Les mieux aguerris se risquent parfois à engager la conversation en se portant à sa hauteur. Au quel cas, Montana leur adresse un émouvant discours dans la langue des signes ponctué de savants borborygmes.


En général, il n'en faut pas davantage pour que ces audacieux déguerpissent en s'en mordant les lèvres.




Découvrez Sheryl Crow!

mardi 23 septembre 2008

Bénéfices nets

Est-ce que vous avez vu ça, claironne la Virago qui n'a pas tout saisi, comment il est sorti de sa réserve fédérale le petit!?

Il faut les avoir bien accrochées pour demander de rendre des comptes à ceux qui en ont tant et plus à la banque.

D'un autre côté, s'immisce un client, ça ne coûte rien de s'attaquer aux grosses volailles une fois que les pigeons sont plumés.

Décidément, pour ce qui est de la finance, à la Glotte, on va de surprime en surprime.


Découvrez The Beatles!


dimanche 21 septembre 2008

Insigne honneur

Entre la poire et le fromage, Mezzig titille Madame que cette idée de décerner une médaille aux élèves les plus méritants, ça lui rappelle le bon temps.

Pendant qu’ils y sont, ils devraient faire la même chose avec les anciens qui s’accrochent comme ils peuvent pour décrocher la timbale. On appellerait ça la remise des escarres. Sûr que ça ferait des envieux.


vendredi 19 septembre 2008

Martial

Géronyme Clampin en a fini avec sa retraite. Il a enfin regagné ses pénates et profite des premières lueurs du jour pour s’adonner à ses pratiques face au soleil levant. Solidement enraciné au sol, les genoux légèrement fléchis, le buste droit, Clampin centre sa respiration, équilibre ses énergies.

Yeux grand ouverts, il regarde droit devant lui sans qu’aucun objet ne retienne son attention ni n’échappe à sa vue. Clampin n’attache aucune importance à ce qui l’entoure. Pas davantage à ce qu’il ressent: aux bruits qu’il entend, aux odeurs qu’il perçoit, aux pensées qui émergent, prennent forme, le traversent et s’évanouissent aussitôt.

D’abord immobile, silhouette improbable, à peine perceptible dans la pâle lumière de l’aube, Clampin esquisse un premier mouvement, ralenti à l’extrême comme si l’air agissait tel un frein, retenait son geste, l’empêchait d’avancer.

Les bras tendus à hauteur des épaules, ses mains en éventail, on dirait qu’il s’appuie contre du vide, repoussant devant lui un invisible obstacle.

A partir du mois prochain, c’est officiel, Géronyme Clampin annonce qu’il animera des stages d’initiation accessibles à tout public dans un local gracieusement prêté par la municipalité de Trous sur Gloire. 

Mezzig a reçu son bristol par la poste avant hier. Il en a parlé à Madame qui l’a encouragé à sauter le pas. Pour une fois qu’il a l’occasion d’avancer, ce serait absurde de faire machine arrière. Implacable!




jeudi 18 septembre 2008

Sac de noeuds

En se promenant dans les allées du parc l'autre après-midi, Mezzig s'est soudain rendu compte qu'en détachant Li Pouiye, c'est lui qu'il détachait par la même occasion.

Il est ainsi des révélations qui en disent long sur les liens qui nous ficellent à l'incurable. Mezzig ne se fait guère d'illusions: ce sera dur de reprendre le collier après ça.



Découvrez Gary B!