mardi 24 février 2009

Bande à part

C’est Madame qui a reconnu son portrait dans le journal. Un appel à témoin priant quiconque l’aurait aperçu, ou serait en mesure de fournir la moindre information le concernant, d’appeler le numéro inscrit sous la photo.


Il est précisé que cette démarche fait suite à la récente découverte en rase campagne d’un véhicule carbonisé d'un modèle identique à celui appartenant à l’homme dont on est sans nouvelles depuis des semaines.


Il ressort par ailleurs que ce dernier aurait récemment traversé une grave crise personnelle qui pourrait avoir altéré son jugement et mis son moral à sac.


Sa famille est inquiète et souhaite être contactée rapidement. Le cas échéant, s’il est en mesure de les joindre par ses propres moyens, ses proches exhortent Mose Cointro (Cointro n'en faut! comme il dit) à se manifester et à les rassurer sur sa santé.


Mezzig tient à rester prudent mais voilà une affaire qui s'annonce clairement piquante à démêler!




samedi 14 février 2009

A la vôtre

Tous ces bonshommes, je te jure, qu’est-ce qu’ils font à La Glotte un jour pareil à s’en envoyer derrière la cravate au lieu de courir acheter un bouquet et de rentrer bride abattue l’offrir à leur chérie, vitupère La Virago en remplissant les godets, chatouilleuse.


On ne demanderait pas mieux, monte au créneau le plus aviné, le verbe haut et le verre à la main, le Valentin, il aurait sa fête plus souvent, hein! les gars! si pour une fois on voulait bien nous laisser le choix dans la datte!


Mezzig goguenarde par-devers lui que c’est ce qui s’appelle se frotter à la régulière! 






vendredi 13 février 2009

Pis-aller

Samar qui n’a pas son pareil pour tailler la bavette, shunte allègrement les prolégomènes et attend le sixième pour le printemps, bouscule Mezzig sans détour: est-ce qu’il a déjà songé avoir des mouflets? 


En voilà une au moins qu’elle est directe! s’estomaque l’interviouvé. Des moufles, encore, il comprendrait: à cause des doigts qui morflent sur les poignées, mais, là, sans être averti ni rien, il a de quoi en rester quoi.


Sans compter qu’avec ce qui nous pend au nez, la surpopulation, le réchauffement global, les pôles qui décalottent, le sans-gêne transgénique, les centrales pétaudières, la crise du capital, les plafonds qui crèvent et mignonne allons voir si morose a perdu ses pédales, ça n'est pas un cadeau à leur faire aux rejetons.


Pour finir, ce n’est pas parce qu’on admire le cul des vaches que ça fait de nous des vétérinaires! Sur ce point, Mezzig se veut conciliant: l'argument mériterait des éclaicissements.






mercredi 11 février 2009

Paquets d'eau

Ce matin, le parc sent son lapsang souchong, le thé préféré de Geneviève jusqu’au déjeuner. Après, c’est l’heure du thé vert, si possible pas trop corsé pour ne pas gêner la digestion.


Dans l’après-midi, l’embarras se saisit du choix: thé rouge ou thé noir au poivre ou aux épices, c’est selon. En soirée, rehaussé d’une touche de rose ou de litchi, l’honneur revient sans conteste au thé parfumé.


Edmond de St Edmond n’est pas contre ces subtilités sinon qu’il n’y a pas mieux pour pisser comme un âne à longueur de journée. D’un autre côté, on ne gagne rien à lanterner avec sa vessie! Chacun devrait le savoir. 



mardi 10 février 2009

Parler franc

En désignant Li Pouiye couché en rond sur sa couverture, Mezzig balance tout à trac qu’il se demande bien à qui est-ce qu’il pourra parler quand celui-là ne sera plus là. 


Madame à qui rien n'échappe lui rétorque que ça fait toujours plaisir à entendre ce genre de remarque et Mezzig acquiesce qu’en effet, réussir à glisser un tout à trac dans une phrase aussi peu relevée n'est pas loin de l'exploit. 




dimanche 8 février 2009

Fond de train

Evidemment, vue comme ça, elle fait négligée. Pas lavée depuis impossible de dire quand. La robe maculée. L’éclat terni par la crasse. Un léger suintement par dessous. La belle a quelque peu perdu de sa superbe.


Mais que l’on ne s’y trompe pas, il en faudrait davantage pour occulter ses charmes et son  inimitable coup de reins. Même dans son état, ses flancs bien entre les jambes, on la sent prête à se laisser titiller l’encolure et à jouer des pointes sans vergogne. 


A ce propos, il y en a un autre que ça démange. Ne serait-ce que pour la forme, Mezzig s'en pourlèche déjà les babines: rien de tel qu’un aller-retour dans les normes à califourchon sur sa 2Cylindres pour mettre une peu de selle dans les épinards.





Découvrez The Byrds!

samedi 31 janvier 2009

Voix de presse

Et de deux: Mezzig lit dans le journal que


Les républicains ont élu pour la première fois hier soir un Noir, Michael Steele, pour diriger leur parti, dix jours après l'investiture du premier président noir des Etats-Unis Barack Obama.


A La Glotte, on ne s’emballe pas pour si peu. 


On se contente juste de faire gentiment remarquer que même si, par chez nous, le petit se veut blanc comme neige, il y en a un joli paquet par contre qui commencent à se sentir  sacrément marron.



Découvrez Serge Gainsbourg!


mardi 27 janvier 2009

Groin à moudre

Normal que Clotilde prenne un congé de temps en temps. Elle a bien droit a un peu de repos elle aussi. Non, ce qui insupporte la P’tit Dame d’en Face au plus haut point, ce sont les nullités qu’on lui envoie en remplacement.


Non seulement ces bécasses se permettent de fourrer leur nez partout dans ses affaires et de la rudoyer. Mais il y a plus grave. A croire que ces chipies le font exprès de traiter ses protégés comme des moins que rien.


On peut dire qu’avec des truffes pareilles, ses pauvres petits cochons bleus en voient de toutes les couleurs. 



Découvrez Sonny Terry!


samedi 24 janvier 2009

Fausses notes

Plus les jours passent et plus il se fait l’effet d’un pet de moine ballotté par tous les courants d’air entre chez lui et l’appartement de Diane. 


Sans être outre mesure attaché à son quartier, il se sent encore à sa place dans sa rue, au milieu de ses voisins, même s’il se considère différent d’eux, ne les fréquente pas beaucoup, s’en détourne au besoin.  


Pour ne prendre qu’un exemple: Mezzig. Un type qu’il apprécie, qui a ses bons côtés, ses travers aussi, comme tout le monde, un peu plus peut-être. Toujours est-il que Kraine ne se verrait pas vivre comme lui.


Mis à part sa 2Cylindres, ses descentes impromptues à La Glotte, quelques bavettes taillées avec Samar quand il va faire son plein de clops, son Glob qui patine dans la semoule (par curiosité, Kraine y jette parfois un oeil sur l’ordi de Diane mais c’est loin d’être sa tasse de thé) et son inénarrable chien, c’est le calme plat.

Pas d’enfants. (Mezzig ne s’est pas épanché là-dessus mais kraine parierait volontiers sur une déficit croissant de galipettes avec
Madame). Le moins possible d’imprévus. Jamais de turbulences. Aucun d’accroc.


En bref, le genre d’existence au ras des pâquerettes qui lui collerait des boutons et que Kraine s’évertue à fuir avec rage et force vodkas.




Découvrez Alice Cooper!


jeudi 22 janvier 2009

Code phares



Au fond du camping-car, Dédé et le Gamin regardent les photos prises à la tombée du jour alors qu’ils roulaient bien au chaud dans la cabine, la radio en sourdine, bercés par les langueurs du moteur et les kilomètres d’asphalte avalés en douceur et tous les deux en reviennent à peine combien c’est beau une route, la nuit, avec ces lumières comme des notes de musique ou des lampions et que, merde, qu’est-ce qu’ils foutent sur ce parking rincé par les averses au lieu de lever l’ancre et d’aller voir ailleurs ce qui les attend sous les étoiles.




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Découvrez Paul McCartney!




Découvrez Paul McCartney!

samedi 17 janvier 2009

Satori jaune

Pour filtrer les feuilles de thé tibétain qu'il s'infuse par litres toute la journée, Géronyme Clampin se sert d'un chinois. 

Mezzig ne peut s'empêcher de confesser combien lui sont plaisantes ces goûteuses petites ironies de la vie.



Découvrez Herbie Hancock!

mercredi 14 janvier 2009

Obole

Samar aurait ouï dire que la veille un coiffeur du centre-ville se serait fait attaquer à l'heure où il fermait boutique.

A La Glotte, on ne voit pas les choses sous le même angle: on soupçonne victime et agresseurs d'être de mèche! Mezzig s'étonne qu'il se trouve toujours quelqu'un dans ce monde pour couper les cheveux en quatre.


Découvrez Patrick Doyle!



mardi 13 janvier 2009

Temps perdu

Sans le savoir, en regardant par la fenêtre le ciel gris et les gouttes qui disparaissent dans les flaques, Kraine et De St Edmond se posent tous les deux la même question: à quoi est-ce qu'ils occupaient leur temps de mômes les jours de pluie comme aujourd'hui?

Et sans le savoir, au même instant, tous les deux regrettent de ne pas se souvenir au fond de quelle malle couverte de poussière sont rangées les images un peu usées aux coins de nos enfances. 


Découvrez Tykwer/Klimek/Heil!



mardi 6 janvier 2009

Bien ordonnée

On a dormi. On a dormi beaucoup. On a dormi longtemps. On a dormi tellement que le matin Madame était épuisée de sommeil. A tel point que si elle avait pu, elle aurait dormi encore.


Solidaire dans l’effort, Mezzig n’a pas ménagé sa peine pour lui prêter main-forte et l’assurer de son soutien sans faille. Une adhésion qu’il s’est fait un devoir de rendre indéfectible en s’éternisant sous la couette pour saluer le courage de Madame repartie travailler aux petites heures.


Mezzig défie quiconque de lui prouver le contraire: à condition d’être bien compris, l’esprit de corps est sans limites pour qui fait montre de bonne volonté.

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mercredi 31 décembre 2008

mardi 23 décembre 2008

Paire de manches

La maison ne reculant devant aucun sacrifice, Montana et La Virago satisfont la clientèle attifées en St Nicolas - jupette et bonnet assortis sur fond de collants fantaisie - perchées sur des demi-escarpins laqués du meilleur effet.


Réfrénant son envie de les qualifier de Çacraints de Noël ambulants, Mezzig s’est gardé de tout commentaire. Preuve que, dans son genre, on peut trouver plus épineux.




Découvrez Bruce Springsteen!


lundi 22 décembre 2008

La voie du sien

Sur le bord de la rive, à peine il aperçoit une de ces créatures pas plus haute que deux pommes, couverte de poils rêches et armée d’incisives jusqu’aux dents, c’est merveille de le voir, immobile comme un marbre, tout entier, tel la flèche sur sa corde, tendu vers sa cible.

Ensuite, commence le travail d’approche. En équilibre sur des oeufs,
Li Pouiye avance la patte, sonde le sol de ses coussinets, assure ses appuis, stabilise, calcule mentalement ses distances, évalue ses chances d’être le plus rapide, 


décide finalement que nenni, il en manque encore pas mal et que mieux vaut engager un membre supplémentaire dans l’opération.


Avec d’infinies précautions, Li Pouiye manoeuvre à l’arrière, soulage son train, bande la cuisse et prépare le prochain pas.


A distance respectable, Mezzig s’efforce d'imiter la manoeuvre en se disant que, dans ce domaine au moins, il a encore des leçons à prendre avant d’espérer égaler le maître.





Découvrez Nellie McKay!

lundi 15 décembre 2008

Coup bas

Comme toujours en cette période, Madame n’est pas à prendre avec le dos de la cuillère. Il y a de l’électricité dans l’air. De l’eau dans le gaz. Ce qu’il faut de cheveux sur la soupe. Et des excédents de vent dans les voiles.


Mal inspiré, Mezzig s’inquiète de ce qui pourrait lui rendre service, la soulager, lui redonner du mordant.


La réponse fuse que Madame en a autant à son service et qu’il ferait mieux d’aller s’en payer une tranche sur sa 2Cylindres ou de retourner s’occuper de son Glob au lieu d’errer partout dans la maison en s’inventoriant le nombril.


Interdit, Mezzig encaisse puis se reprend qu’il s’attendait à tout sauf à faire un tel bide!





Découvrez Tom Waits!

mardi 9 décembre 2008

Pris de cour

A force de la chercher dans tous les rades, les restaurants, les clubs et autres boîtes en vogue, Kraine finit par prendre goût à ses tournées nocturnes.


Il fait des rencontres. Parle avec des tas de gens. Vide des collections de verres. Fume des hectares de tabac. Avec d’autres, il refait le monde à la chaîne. Troque des délires de poivrots contre une dernière heure à perdre.


Il essuie des larmes de comptoir. Fourre des chagrins au fond de ses poches. Prête l’oreille à des poèmes volatiles. Pose des questions. Espère des réponses.


Et puis, un soir, au détour d’une rue, Diane réapparaît et c’est encore pire que si elle était sortie de sa vie pour de bon.