samedi 10 novembre 2007

Saute bouchon

La Gloire et ses bancs de sable mouvant, ses berges graveleuse, ses îlots de nature résistante, cernés de bras tantôt paresseux, tantôt bouillonnants, l'infinie palette de ses couleurs, la variété de ses parfums, son dégradé d'humeurs...

Bien lancé, Dédé se montre intarissable sur le sujet. Assis au fond du camping-car, Mezzig écoute sans broncher.

Dédé raconte que c'est au bord du fleuve qu'il a été conçu. Un bel après-midi de canicule. Ses parents avaient pris leurs vélos pour aller pique-niquer dans la verdure. Au frais. C'est ce jour là qu'ils l'avaient fabriqué.

Par la suite, le père de Dédé lui avait montré où ça s'était passé. Un joli coin. Tranquille. Idéal pour pêcher. Le pater était fier de faire le guide.

Dédé promet qu'un de ces quatre il emmènera Mezzig planter la gaule par là-bas.

Mezzig opine, conciliant. C'est vraiment pour faire plaisir. Mezzig préfère foutre la paix aux poissons. En plus, l'eau l'intimide. Trop de remous.

Un vrai phlegmon ce Mezzig! Tout le monde en conviendra.

vendredi 9 novembre 2007

Noces d'épice

Vos rapports avec Mademoiselle Virago?

Mose avait prévenu: le prochain sur la tournée. Mezzig se concentre.

Tout ce qu'il y a de plus platonique. D'un côté, je consomme. De l'autre, je règle la note. C'est aussi simple que ça.

Aucun accrochage récemment?

Pas la moindre petite ombre au tableau. Rien qui puisse amuser la galerie en tout cas.

Des témoins rapportent cependant quelques divergences de point de vue entre vous. De quel genre ces dissensions?

Juste quelques dissonances.

Mais encore?

Incompatibilité d'humour mais, rassurez-vous, on est encore loin du divorce. Tant qu'il y a de l'hymen, l'espoir n'est pas perdu...

A bon entendeur...

jeudi 8 novembre 2007

On y va molosse

Ventripotent. Moustachu. Peu amène. Le premier des fils Natzy travaille à la Ville comme on dit. Son frère conduit des trams. Ni l'un ni l'autre ne fréquentent La Glotte. La Virago n'autorise pas les chiens dans ses murs. C'est plus qu'il n'en faut pour les disqualifier.

Leur nouvelle marotte: une espèce de cerbère au poil noir et fauve. Trapu comme un lutteur des steppes d'Asie Centrale. La gueule épatée. L'oeil à cran. Le malabar a la mine aussi serviable qu'un membre des forces spéciales en faction.

A sa décharge, le bestiau n'a pas l'air d'être un mordu de la vocalise nocturne à ciel ouvert. Mezzig respire. Il faudra quand même qu'il signale à Li Pouiye de changer de trottoir la prochaine fois.

Et surtout, en cas de bisbille, rester franc du collier: ça laisse toujours à réfléchir.

mercredi 7 novembre 2007

Interlude

Le grand incendie est en marche. Jaunes. Rouges. Orangés. Mise à feu réussie: Mère Nature flamboie. C'est un enchantement.

On aurait tort de ne pas s'extasier, ironise Mezzig tout seul dans son coin: quand mort et putréfaction font la roue, ça vous laisse souvent comme deux ronds de flan(c).

Entre voisins

Kraine est à la peine. Il s'est démis une cheville. Un faux mouvement dans l'escalier. Les quatre fers en l'air et une méchante entorse à l'arrivée. C'est sa version.

Le médecin lui a interdit les déplacements et conseillé de garder un maximum la jambe en hauteur. Attelle obligatoire pendant trois semaines. Après ça, des séances de kiné à prévoir.

Douillet comme pas deux, Mezzig préfère que ce soit Kraine. Ne serait-ce que d'imaginer le mal que ça doit faire, il est au bord de défaillir. Il en aurait presque des suées.

En tout cas, s'il a besoin de quoi que ce soit, des courses, une commission, surtout qu'il ne se gêne pas. Madame se fera un plaisir.

Kraine ne voudrait pas abuser, mais c'est gentil. Il remercie. Mezzig proteste qu'il n'y a pas de quoi. C'est dans la nature de Madame d'aimer rendre service.

mardi 6 novembre 2007

Label échoppe

On trouve de tout chez Samar. Samar tient le bureau de tabac. Ouvert sept jours sur sept, sept jours par semaine. Un modèle du genre.

En dehors de l'habituelle usine à métastases, Samar vend journaux, revues, carterie, billets de loto, grattage, morpionnage, modèles réduits, timbres-poste, photocopies, dévédés en promo, coutellerie, confiserie, bimbeloterie, et Mezzig en oublie.

S'il pouvait, Samar ferait commerce de fuits, légumes, épicerie, pièces détachées ou moteurs d'avion selon l'arrivage. Samar a la fibre.

L'autre matin, en ouvrant boutique, Samar confie qu'il a repéré un drôle de manège sur l'avenue. Il n'était pas catégorique mais on aurait dit quelqu'un qui s'amusait à coller des prospectus un peu n'importe où. Samar en a récupéré un exemplaire. Est-ce que Mezzig saurait de quoi il retourne par hasard?

Mezzig élude. Aucune idée. Un excentrique, à tous les coups.

lundi 5 novembre 2007

Jambes en coton

Le premier contact s'est bien passé. Elle a d'abord cru que c'était son fils qui débarquait. La P'tit Dame d'en Face a rectifié que c'était le voisin de l'autre côté de la rue.

Mezzig s'est présenté. L'aide médicale a dit qu'elle s'appelait Clotilde et qu'elle était ravie. Mezzig a enchaîné un peu gêné que lui aussi était, euh...voilà, euh...content.

Clotilde a récupéré sa main et Mezzig s'est retrouvé comme un gland avec une drôle d'absence au bout du bras.

La P'tit Dame l'a invité à s'asseoir. Mezzig ne voulait pas déranger. Clotilde l'a rassuré: elle avait presque terminé. Elle était sur le point de se sauver.

Mezzig s'est raclé la gorge ah!euh...déjà!... Il espérait qu'il ne la chassait pas. Clotilde n'a pas relevé. Ce fut bien la seule.

dimanche 4 novembre 2007

Panier de crabes

De fait, la police est sur les dents depuis l'attaque de La Glotte. La Virago s'impatiente. Elle téléphone à tour de bras pour demander où en sont les recherches. Menace de faire jouer ses appuis.

A l'heure qu'il est, l'enquête de voisinage semble marquer le pas. Pas de témoins. Personne sur qui faire peser les soupçons. L'omerta généralisée.

A La Glotte, la tendance est aux supputations. On susurre dans les coins. Des coalitions se font jour. Les clans se toisent. Chacun s'évite prudemment.

En passant devant Mezzig, la Virago balance que si elle tenait ceux qui ont fait ça, elle te leur ficherait une de ces branlées.

Sans être mauvaise langue, Mezzig monologue que ça n'a pas dû lui arriver depuis une tirée. Ce que c'est que d'avoir l'esprit mal tourné!

samedi 3 novembre 2007

Affaires extérieures

A peine revenus, Mose a refait surface. Il dit qu'il en avait chié des ronds de chapeau pour se familiariser avec l'engin. C'est en progrès depuis. Il va pouvoir enfin s'attaquer à son projet. Il précisera ultérieurement.

Mose ajoute qu'il a reçu la visite de deux agents rapport à l'attentat contre La Glotte. Ils ont bien sûr tenté de lui tirer les vers du nez. De fichus limiers les condés.

Manque de bol, Mose a flairé l'embrouille. Il soupçonne les deux accolytes de vouloir fourrer leur pif dans les affaires du comité. Si ça se trouve, ils n'auraient pas craché sur un coup d'oeil à l'intérieur.

Vigilent, Mose raconte qu'il a fait barrage. La conversation a eu lieu sur le trottoir. Le plus jeune a pris des notes. Le gros posait les questions. Classique.

Que Mezzig se tienne prêt quand même. C'est sûrement le prochain sur la tournée.

vendredi 2 novembre 2007

Roues libres






Une fois n'est pas coutume: Mezzig en aurait lâché les rênes tellement c'était à applaudir.


Mise en boîte

Arguant qu'on était à la veille de fêter les morts, Clampin n'a pas trouvé mieux que de
se pinter à la bière. Prenant ses convives à témoin, il a fait part de sa volonté d'être incinéré dans la cheminée au fond du troglodyte.


Pour compléter le tableau, il a exhorté Madame à disperser ses cendres à travers le canton. Selon ses directives, l'intéressée était priée de vider l'urne à califourchon sur la 2Cylindres lancée à fond.

Non content de ces précisions, il désirait que Madame portât jarretelles et dessous fantaisie pour s'acquitter de sa mission. Rien que d'imaginer la scène, il en avait des démangeaisons.

La pochade n'eut pourtant pas l'heur de faire l'unanimité parmi les convives. Il y avait eu des grincements de dents. L'aînée des filles Clampin avait failli prendre la mouche. La plus jeune lui avait intimé de cesser ses pantalonnades et de se mettre à l'eau.

Mezzig commente qu'il en aurait fallu davantage pour refroidir le zigoto.

jeudi 1 novembre 2007

De but en blanc

Finalement, la météo n'a pas tenu ses pires promesses. L'épisode pluvieux résorbé, la couverture nuageuse a démonté son chapiteau pour aller faire son cirque ailleurs. Un bon point.

Madame a alors hasardé qu'elle était en vacances pour la semaine et que, vu les prévisions, elle n'était pas contre un coup de 2Cylindres. Mezzig s'est alarmé: qui est-ce qui allait veiller sur Li Pouiye?

Dédé s'est proposé, un peu aidé par les sauts de cabri du Gamin. Sans le commander, Mezzig a placé que la chasse d'eau fuyait et que le jardin méritait une coupe. S'il avait cinq minutes.


Sur ce, Mezzig un tantinet bousculé par cet impromptu, avait rassemblé quelques affaires, de quoi survivre en cas de calamité, ainsi qu'un lot de cartes détaillées.

Si madame n'y voyait pas à redire, ils feraient un crochet par chez Clampin. Ensuite, ce serait au petit bonheur.

lundi 29 octobre 2007

Bristol animé


Cher Mezzig

Le temps n'est pas de la partie, je le déplore.





Si la 2Cylindres ne craint pas le déluge, une journée à la campagne serait une faveur que vous me feriez avec Madame.
Il n'y a plus que la table à mettre.

Clampin

Mezzig en tomberait presque sur le cul. Le malotru serait partant pour un raout au sommet. Les petits plats dans les grands et tout le tralala! L'invitation ne manque pas de panache.C'est Madame qui va être soufflée.



dimanche 28 octobre 2007

Mât de cocagne

C'était quand la dernière fois? Inutile de compter sur ses doigts: ça commence à dater. Avant sa dernière crise. Quelque chose comme ça.

En tout cas, c'est un signe d'encouragement. La preuve que tout n'est pas à jeter. Ce serait certes une erreur de plastronner trop vite. Mettons juste que c'est de bonne augure.

L'évènement aura échappé à Madame mais, un poil avant potron-minet, le planté de tente magistral! le bourgeon farfadet! Mezzig s'est réveillé avec la gaule.

On est loin du séisme héxagonal, Mezzig en convient: ça n'empêche pas de hisser pavillon qu'il sache!

samedi 27 octobre 2007

De fil en aiguille

Mezzig l'avait prédit: la plongée dans les ténèbres aura bien lieu. Il faut d'ores et déjà s'attendre à une attaque en règle. Une offensive dans la plus pure tradition. L'heure va bientôt sonner: on va y avoir droit aux heures sombres.

La Virago ne sait pas sur quel pied danser. A quoi est-ce qu'il fait allusion l'autre allumé? C'est pas politique au moins!

Mezzig biaise: c'est juste qu'il est remonté contre les pendules. Autrement, ça ira! ça ira!

Calme plat

C'est un fait avéré, Trous sur Gloire ne vaut rien aux rhumatisants. Aux dépressifs non plus.Question de climat. Les interminables cures de ciel gris. Le défilé des jours de pluie. Les langueurs fluviales.

A peine la nuit d'automne tombée, le quartier couvre ses feux. Volets tirés. Portes closes. La rue est livrée aux chats et aux chauffards qui concourent pour les aplatir.

Le bonnet enfoncé jusque là, la petite laine autour du coup, Mezzig allonge le pas à la remorque d'un Li Pouiye pressé de retrouver sa couverture. Vent de face, la goutte au nez, la maison est bientôt en vue.

Sans préambule, une image lui vient à l'esprit en remontant le trottoir: une enfilade d'huîtres serrant des fesses une veille de banquet.

Mezzig n'est pas en extase, mais pas mécontent non plus. Qu'est-ce que vous voulez! l'inspiration n'est pas toujours au menu.

vendredi 26 octobre 2007

Sur le volet

Une carrure de bûcheron. Des maillets en guise de paluches. Une vraie force de la nature. A côté de ça, une cervelle de moineau. Un retard de développement. Coincé au milieu du gué. Le Gamin a calé en chemin.

L'ennuyeux, c'est que sitôt que son père tourne le dos, le galopin se carapate presto. Dédé se souvient l'avoir perdu une fois ou deux quand il était minot. Depuis, il veille au grain.

Au besoin, pour rendre service, Mezzig garde le drôle. Avec Li Pouiye, étalés dans le canapé, ils regardent les feuilletons à la télé. Se courent après dans l'escalier. Se chicanent ou câlinent sans mégoter.

Mezzig garde ça pour lui mais il constate avec plaisir que les deux corniauds font la paire. Dans un autre genre, Mezzig n'est pas mal non plus.

jeudi 25 octobre 2007

Tête de lard

Fut un temps où Clampin ne voulait pas d'enfants. Il en a eu quatre. A la même époque, Clampin débinait le mariage. Il a été marié cinq fois. Au moins un qui ne fuit pas les contradictions.

Dans la même veine, quand ils se sont rencontrés, Clampin s'insurgeait contre à peu près tout. Il se voulait caustique. Outrecuidant. Crispant au possible.

Pour ce faire, Clampin soutenait dur comme fer des théories à l'emporte pièce qui avaient le don de hérisser le poil autour de lui.

Le plus étonnant là-dedans, c'est que le butor voulait tellement qu'on s'intéresse à lui qu'il a fini par faire fuir tout le monde.

Mezzig n'est pas loin de penser que c'est aussi pour ça qu'il apprécie sa compagnie.

mercredi 24 octobre 2007

Battage gratuit

Tout à l'heure, en revenant du tabac, Mezzig est tombé en arrêt devant une annonce fraîchement placardée sur un banc près de l'abri bus.

Estomaqué, Mezzig s'approche pour en avoir le coeur net. Y'a pas à tortiller. Il a bien lu: La population du Glob augmente. Ne soyez pas les derniers.

Coup d'oeil périphérique vite fait. Rien d'anormal. Aucun signe suspect. Mezzig décolle en douce l'affichette et l'empoche.

Peine perdue. A quelques mètres, la même inscription fichée sur le fût d'un réverbère. Plus loin, c'est sur une borne incendie. Un pan de crépi retapé. En plein milieu d'un panneau d'interdiction. Au dessus des feux au carrefour. Et ainsi de suite en remontant l'avenue.

Mezzig accélère le pas. Dare-dare ficher son camp avant d'attirer l'attention. Et cogiter après.

mardi 23 octobre 2007

Blouse blanche

Joli minois à priori. Un discret déhanché. La coiffure mi-longue. C'est tout ce que Mezzig a pu glaner avant que la brunette grimpe dans sa voiture et disparaisse au coin de la rue.

Comme elle était garée juste devant sa porte, Mezzig en a déduit que ce devait être l'aide-médicale annoncée qui sortait de chez la P'tit Dame d'en Face de retour de l'hôpital.

C'est promis, Mezzig ira prendre de ses nouvelles dès que possible. Avec un peu de chance, peut-être que l'infirmière sera là. Une occasion comme une autre de faire sa connaissance.

lundi 22 octobre 2007

Au pied des stales

Madame est remontée ce jour d'hui. En attaquant sa tartine, voilà qu'elle fulmine après la radio:

il serait séant de cesser de se Môquet des gens dans cette histoire.

Un trait d'humeur que Mezzig ne résisterait pas à prendre à la lettre si on lui demandait son avis. On a les martyrs de son choix. Et pas l'inverse.

dimanche 21 octobre 2007

Fait maison

Qu'il vienne de son Ukraine natale ou de Pétaouchnok, c'est sans incidence. Ses visiteuses ne le consultent pas pour un cours de géographie. A lui seul, Kraine est un dépaysement qu'elles se permettent sans pinailler.

En outre, dans ce genre d'entreprise, la discrétion est un gage d'assurance apprécié. Une garantie que Kraine ne s'aventurerait à violer sous aucun prétexte.

Mezzig le premier ne s'est pas privé d'essayer de fourrer son nez dans ses affaires. Sans succès jusqu'à l'heure. Mais le bougre est loin d'avoir capitulé.

Il n'est sûrement pas le seul à gamberger. Certains regards, certains sourires en disent long. Cette manière qu'a Mose de le lorgner quand ils se croisent, par exemple.C'est sans équivoque.

Tant que ça ne va pas plus loin, pas de raison de fouetter un chat.

samedi 20 octobre 2007

Droit devant

Partir à l'aventure, le baluchon sur l'épaule, le nez au vent, sans souci du lendemain, c'est bon quand on est jeune. Après c'est trop tard.

Dédé tique. Il dit que c'est ce qu'on dit quand on se cherche des excuses. Pas question de jouer les clochards célestes comme à une époque. On a passé l'âge. Mais rien n'empêche de tout larguer et de vivre autrement.

Evidemment, ça demande un certain courage. On finit par s'y faire à son petit confort.
Les habitudes, ça vous tient bien au chaud par la bride. On se croit en sécurité, mais à bien y regarder...

Sous cet angle, forcément, ça donne à réfléchir. Dédé sait de quoi il retourne. Sauf qu'il oublie un problème de taille: Mezzig n'est pas téméraire pour un rond. Il aurait trop la trouille de s'embarquer à l'aveuglette.

Par contre, rester là à se ronger le frein, ça il connait. Tous les jours, il en fait les frais. On a la croix qu'on mérite, c'est pas vrai?

Madame préfère ne pas relever: ça servirait à rien d'enfoncer le clou!

vendredi 19 octobre 2007

Sans préavis

En signe de désapprobation, la Virago a refusé de servir ses clients le temps que le cortège de manifestants qui croisait à portée de mégaphone de la Glotte se soit éloigné.

La furie a mis l'évènement à profit pour clamer haut et fort que défiler de la sorte le jour où son petit se faisait proprement déposer par sa grue, était une honte.

Ajouter à cela qu'empêcher d'honnêtes citoyens d'aller gagner leur quignon en paralysant les transports relevait de l'incivisme; pire encore: de la délinquance caractérisée.

Elle était prête à parier que les fils de haricots qui avaient défiguré sa devanture devaient se pavaner dans les rangs des contestataires.

D'après la Virago, tout ça c'était un coup monté. Une vengeance des contrariés des urnes. Toujours est-il que le petit ne comptait pas reculer.

Une de perdue, dix de retournées!

jeudi 18 octobre 2007

A court terme

Maintenant que ça va mieux, la 2Cylindres va reprendre du service. A condition que la batterie ne lui fasse pas faux bond. On verra bien.

Premier essai. Contact mis. Une pression pour démarrer. La mécanique hoquète. Fiasco total.

Ce serait bien sa veine. La météo est engageante. Un bel été indien. Une légère fraîcheur ambiante, certes, mais le soleil est encore bas. La température ne devrait pas tarder à s'élever.

Deuxième tentative. Le moteur tousse, crache un tantinet, puis c'est l'explosion, l'ébranlement général, l'envolée de pistons.

Soulagé, Mezzig boucle son blouson, noue son foulard, verrouille son casque...faux départ: c'est l'autre paire de lunettes qu'il lui faut. Les solides.

Mezzig coupe le contact. Où est-ce qu'il les a casées? dans une de ses poches? la sacoche de réservoir?...Sur la selle, sous son nez, pardi!

Les clefs de contact, à présent. Il les avait à la main il y a un instant...C'est usant...Là, sous les gants! Bon, y'en a encore pour combien?

Qu'est-ce ça va être à cinquante ans!

mercredi 17 octobre 2007

Au bercail

En fin d'après-midi, leur camping-car a corné quand ils ont déboulé dans la rue. Dédé et le Gamin sont de retour après leur tournée des grands chemins.

Tous les ans, les deux bourlingueurs mettent les bouts pour travailler à droite à gauche et mettre un peu d'argent de côté. Après quoi, ils reviennent s'installer sur le
parking à côté où ils passent la mauvaise saison.

Dédé et le Gamin se contentent de peu. Mezzig leur fournit l'eau et l'électricité contre trois fois rien. Pour le reste, ils se débrouillent, rendent service à l'un ou à l'autre, enchaînent les petits boulots.

Voilà bientôt cinq ans, Dédé perdait sa femme gravement malade. Six mois plus tard, il plaquait son boulot, vendait ses meubles et sa maison pour s'acheter leur Roulotte comme ils l'appelent.

Peu après, son fils quittait l'école et, le printemps suivant, ils prenaient la route, histoire d'aller tenter leur chance ailleurs.

C'est comme ça que tout a commencé pour eux. Mezzig se réjouit de les savoir dans les parages.

Sens civique

Quand il a vu la laisse, Li Pouiye a sauté de joie. Il s'est mis a courir sur place en enchaînant les cercles comme s'il était poursuivi par un escadron de pucerons morfales.

Emporté dans son élan, il a renversé sa gamelle et répandu sa ration de croquettes sur le sol de la cuisine. Mezzig en sera quitte pour un coup de balayette.

Passé le coin de la rue, Li Pouiye s'est copieusement vidangé les conduits sur le trottoir: il y avait matière! Et comme Mezzig n'avait rien pour ramasser, il a escamoté les colonbins sous des papiers gras qui traînaient par terre.

C'est affolant ce que les gens sont sans gêne aujourd'hui. Ils ne respectent vraiment plus rien.

mardi 16 octobre 2007

Mesure de prudence

Dehors, le brouillard s'est levé. Le soleil est radieux. Mezzig sort sur le balcon. Surtout, y aller mollo.

Mezzig descend les marches, foule l'herbe hirsute. Cest bon cette pincée de brise sur son front. C'est fortifiant.

Assiégée de bourrelets, la mère Natzy étale sa disgrâce à la fenêtre au premier. Mine de rien, Mezzig progresse sous son regard de buse en embuscade.

Une chance pour lui,ce n'est pas demain la veille que cet oiseau de malheur va lui fondre sur la couenne. Une certaine prudence s'impose néanmoins. Sans demander son reste, Mezzig entame un repli stratégique.

Une chose est sûre: quand on ne fait pas le poids, on s'écrase.

lundi 15 octobre 2007

Chapeaux de roue

Six heures. L'implacable réveil donne de la voix. C'est parti pour la journée.

Madame se lève au radar. Sur sa couverture, Li Pouiye soulève un coin de paupière apathique.
Air indigné de l'animal.

Sus à la douche à présent. Un soupçon de maquillage et retour à la case départ. Madame se vêt. Mezzig détaille d'un air embrumé.

Ultime inspection du cartable dans la foulée. Tout y est: copies, trousse, manuels. La panoplie détaillée. C'est paré.

Mezzig scrute les premières lueurs par la fenêtre d'un air las. Il se dit qu'il faut vraiment en vouloir pour attaquer comme ça bille en tête.

Mezzig se retourne: c'est exténuant la culpabilité.

dimanche 14 octobre 2007

Fréquence Commère

Du fond de sa couche de convalescence, Mezzig en apprend de belles.

Il circule que Mose a élu domicile au sous-sol depuis l'autre jour et qu'il ne décoince plus de son écran d'ordinateur. Enfermé à double tour, il a réclamé qu'on lui fiche la paix. Ses proches sont catastrophés.

Autre nouveauté, on aurait bombé la façade de la Glotte à grand renfort de LeNain Te laise LeNain t'a Laiser tracé à la peinture rose fluo. La Virago a porté plainte dans la foulée. L'affaire, dit-on, serait prise très au sérieux.

Dans un autre genre, Kraine recevrait la visite échelonnée de galantes anatomies qui ont été aperçues quittant son domicile à des heures peu chrétiennes. On colporte que ce ne serait jamais la même silhouette de passage et qu'aucune ne s'est encore incrustée jusqu'aux aurores. A surveiller.

Ah oui! il a failli oublier: le coq national n'a pas accouché de l'oeuf tant convoité. Il court "qu'on joue mieux, mais qu'on a perdu". Et alors! les autres jouent moins bien mais il l'ont emporté. C'est quand même pas l'amer à boire!

Encore quelques bons sujets d'exploration en perspective. Ce n'est pas le grain à moudre qui va manquer.

vendredi 12 octobre 2007

Dessein animé

Cher Mezzig

Cette modeste carte postale en signe d'amitié.






Bon rétablissement. A très bientôt j'espère.

Clampin


Mezzig tombe des nues. Voilà le vieil anachorète qui sort de sa réserve. C'est peu courant. Et d'autant plus embarrassant.

Mezzig en aurait presque la larme à l'oeil. C'est fou ce que ça peut vous rendre émotif ces petites attentions!

Au vol

Un fissure vient d'apparaître dans le mur de la chambre. De l'autre côté, cela ressemble au battement d'un coeur amplifié. Des heurts sourds, affolés. Un sinistre barattage.

Illico, crevant la tapisserie juste au dessus de l'oreiller, émerge une main aux doigts noueux qui le saisissent à la gorge et l'étouffent.

Bientôt ses poumons s'emplissent d'une encre noire et visqueuse. Son crâne explose comme un tambour. Puis ses yeux rentrent progressivement dans l'ombre. Sa peau devient glacée.

Dans un dernier sursaut, il se dresse au milieu du lit, dégoulinant de sueur, hurlant comme un damné.

Mezzig se palpe la poitrine. S'éponge le front. Une paye que ça ne lui était pas arrivé.

Cette fois, c'était moins une.

jeudi 11 octobre 2007

Mise au pas

En face, la P'tit Dame devrait bientôt regagner ses pénates. Une aide-médicale passera s'occuper d'elle deux fois par jour. C'est son fils, paraît-il, qui en a fait la demande. Comme quoi...

Mezzig lui rendra visite dès qu'il aura remonté la pente. C'est encore prématuré. D'après son médecin, il n'y a rien d'alarmant. La crise ne devrait pas tarder à se tasser.

Par contre, le toubib maintient que Mezzig manque d'exercice. Une heure de marche quotidienne à vive allure, ça paraît raisonnable pour débuter.

Li Pouiye dresse une oreille, s'étire en remuant la queue. Mezzig flaire le coup monté. On n'est jamais assez suspicieux.

mercredi 10 octobre 2007

Haute dépression

Madame fait plus qu'insinuer qu'il serait urgent de consulter si ça ne s'arrange pas. Il existe des gens qualifiés pour ce qu'il a. Au moins qu'il essaie, qu'il se prenne en main pour une fois: au lieu de se lamenter en permanence sur son état.

Sauf, c'est un hypothèse à envisager, si Sa Douleur préfère se rouler dans son abattement. Si c'est ce qui lui donne le frisson. Chacun s'envoie en l'air comme il peut... Non!? ...C'est pas çà!?

Si encore Son Déclin vivait retiré au fond des bois, on aurait la paix. Mais c'est loin d'être le cas. Il faut que Son Aigreur en fasse profiter les autres.

A propos des autres, Mezzig ferait bien d'aller faire un tour du côté de ceux qui en chient pour de vrai, ça lui remettrait les idées en place pour un fois.

Mezzig ne moufte pas. Sa Déliquescence appréciera.

mardi 9 octobre 2007

Jour sans

Mezzig s'est levé du mauvais pied. Nerfs en pelote. Vertèbres en vrac. Chagriné.

Li Pouiye n'a pas eu droit à sa balade depuis un baîl. La 2Cylindres mériterait une sérieuse toilette. Le jardin bat de l'aile. Il reste de la vaisselle dans l'évier. Cerise sur le plumeau, le ménage laisse à désirer.

Mezzig peste que tout va de travers. Lui le premier.

Raison de plus pour se recoller sous la couette. Plus tard est un autre demain.

lundi 8 octobre 2007

Cadeau empoisonné

Mose n'y tient plus. Il faut que Mezzig fasse un crochet. Il va être épaté.

Mose ouvre la voie. C'est par là, au sous-sol. Un local spécialement aménagé pour ses occupations. A l'abri des oreilles indiscrètes. Un endroit confortable, et tout...

Fier comme pas deux, Mose pousse Mezzig à s'introduire. Une surprise l'attend. Attention, à la une, à la trois...

Mezzig se fige. Mose s'est fait refilé une antiquité d'ordinateur par un proche. Il voudrait que Mezzig lui file un coup de main pour les branchements et lui explique comment ça marche. C'est sûrement pas sorcier.

Mezzig sent qu'il va flancher. C'est râpé pour son roupillon diurnal.

samedi 6 octobre 2007

Première alerte

On a retrouvé la P'tit Dame d'en Face en chemise de nuit et en chaussons qui errait devant la Glotte à une heure incongrue.

La Virago était à l'intérieur à compter la caisse. C'est elle qui a prévenu la police, qui a alerté les pompiers qui sont arrivés en urgence.

La P'tit Dame débitait un sabir d'insanités et de paroles sans queue ni tête. La Virago qui ne rate pas une occasion de la ramener, a dit que c'était une honte de laisser une pauvre vieille toute seule comme ça et que si c'était elle, elle porterait plainte pour non assistance à personne en danger. Si c'est pas malheureux quand même!

En apprenant l'incident, Mezzig s'est ému. Il espère ne pas en arriver là un jour. Rien que d'y songer, ça le ramollit.

vendredi 5 octobre 2007

Revue de détail

Madame fait remarquer que Kraine ne porte que du noir et que ça lui donne un sacré genre.

Mezzig n'avait pas noté.

Madame signale aussi qu'il a changé de coiffure et que ça lui va pas mal du tout.

Mezzig ne s'en était pas aperçu.

Madame ajoute qu'elle a entrevu Kraine torse nu dans le jardin l'autre dimanche et qu'il est rudement taillé.

Un information dont Mezzig se serait volontiers passé. Avec ses kilos en trop, il ferait bien de se secouer. Sa tignasse aussi aurait besoin qu'on s'en occupe. Sans oublier le rasoir à déterrer.

Madame le parcourt de la tête aux pieds.

C'est sûr que, côté style, ça mériterait quelques aménagements, si c'est ça que Madame veut dire.

Comment est-ce qu'il a deviné?

jeudi 4 octobre 2007

Tac au toc

La Virago jubile. Le petit va enfin s'attaquer à ceux qui partent à la retraite avant tout le monde. Ces avantagés qui se la coulent douce pendant que les autres se crèvent au travail.

Derrière son comptoir, elle prend Mezzig à témoin. Qu'est-ce qu'il en pense, l'homme au foyer?


Mezzig s'offusque que c'est une pension qu'il touche, pas la retraite.


La Virago ironise qu'il a plutôt l'air en bonne santé pour un pensionné. Et de quoi est-ce qu'il souffre l'invalide?


L'assistance retient son souffle. On sent déjà poindre l'estocade.

Pantophobie, s'aventure Mezzig. Avec un doigt d'apopathodiaphulatophobie. Autre chose?


La Virago s'empourpre. On en restera là pour aujourd'hui.

mercredi 3 octobre 2007

Langue de hutte

Finalement, la crise n'avait pas eu lieu. Les Natzy avaient fini par tenir conseil. On les entendait s'agonir comme si on y était.

La mère Natzy a donné le ton. Elle était remontée après le fils de traînée qui n'avait même pas eu les grelots de se montrer. Sur quoi elle avait passé un savon à l'aîné. Comme quoi c'était sa faute si ce connard de clebs avait dérouillé.

A ça, le mis en cause avait secoué les puces de son frère qui avait laissé cette saloperie de porte ouverte. Sinon le clébard n'y serait pas passé..

Réplique immédiate du puîné: qu'il aille se faire mettre cet empalé de son noeud.

Là dessus, la mère leur a jappé de taire leur gueule avant qu'elle leur colle un gnon.

En conclusion: c'était qu'une bande de fions fêlés dans les parages.

mardi 2 octobre 2007

Droit chemin

On sonne à la porte. C'est inattendu. Mezzig dévale l'escalier. Un colis? Un recommandé? Mose?...Les clés. Où sont les clés? Une minute! Mezzig fait patienter.

Mezzig fouille les poches de son blouson. Chou blanc. Il répète que voilà,voilà, il arrive. Il ratisse l'entrée. Pas mieux. Un oeil dans la cuisine. Néant.
La salle-à-manger? Rien.

Demi-tour. Ah! oui, sur la porte. Mezzig débloque.

Pardon de vous importuner. Est-ce que vous auriez un moment?

Mezzig (pris au dépourvu): ça dépend.

Voilà: connaissez-vous Jésus?

Mezzig: et comment! C'est un peu plus loin. Numéro 33. Je vous le recommande chaudement. Mais si, mais si: j'y tiens!

lundi 1 octobre 2007

Régime sec

Madame est rentrée tard. Une réunion qui s'est éternisée. Pas très envie de raconter. Mezzig se fait discret.

Dîner vite expédié. Pas très faim non plus. Besoin de souffler. Madame se retire.

Direction le canapé. Mezzig jongle avec les chaînes.

Crimes en série. Victimes à la pelle. Les inspecteurs enquêtent. Les suspects sont identifiés. Les aveux sont arrachés. Dossiers bouclés.

Mezzig se raidit sur la zapette. Ailleurs,
c'est l'orgie de gros calibres: ça tire des coups dans tous les coins. L'idéal pour se vider la tête.

Encore un effort: Mezzig sent qu'il tient le bon bout!

dimanche 30 septembre 2007

Vie sauvage

Mezzig entend des bruits sur le parking à côté. Des voix s'entrechoquent. Le ton monte. Les mot fusent. S'ensuivent les insultes. Les braîllements orduriers. L'explosion de rage.

Dans les rues alentour, le rut est à l'oeuvre. Les mâles se mesurent. S'empoignent. Se saignent.

Mezzig regarde l'heure: quatre heures du mat.

Entre nous, ça sert à quoi d'en faire tout un brame!?

samedi 29 septembre 2007

Bonne compagnie

Tard la nuit, Kraine écoute de la musique. Une musique sombre. Lourde. Mezzig penche pour du Réquiem. C'est difficile à juger.

Une preuve en tout cas que Kraine a du mal à trouver le sommeil. Mezzig se dit qu'il n'est pas le seul à veiller. C'est rassérénant.

C'est Madame qui lui apprend ces mots là. Prof de Lettres en Lycée. Quelques heures à la fac pour les fins de mois. Une bibliothèque qui déborde jusque sur le plancher. Tout s'explique.

Mezzig relève la tête: plutôt bien entouré l'ostrogoth. C'est la classe!

vendredi 28 septembre 2007

Moyens de fortune

Quand on lui demande ce qu'il fabrique de toutes ses journées, Mezzig élude. De quoi je m'occupe?

Il est bien conscient que le fait de ne pas avoir de travail en dérange plus d'un. De quoi est-ce qu'il vit? Où est-ce qu'il trouve l'argent? Est-ce que c'est Madame qui régale? Et sa moto, comment est-ce qu'il l'a payée? Comment il se dépatouille pour l'entretien? Y'en a vraiment qui la voient belle!

Si encore il bossait au noir ou qu'il s'en tirait en magouillant, on se dirait tant mieux pour lui. Mais même pas. C'est ça l'énervant.

Que ça jase dans son dos, il fallait s'y attendre. Mezzig connaît la rengaine. Tant qu'on la joue piano, c'est supportable.

jeudi 27 septembre 2007

Pollution nocturne

De l'autre côté de la rue, sévit le clan Natzy à la tête duquel s'époumonne un quintal facile de chair molle. Les Natzy ne s'adressent pas la parole. Ils s'incendient. Se hurlent dessus. Se traitent de tous les noms.

A leur arrivée, les Natzy étaient affublés d'un Malinois dégénéré qui aboyait après n'importe quoi. De préférence la nuit. Et si possible sans rémittence.

Mezzig avait failli sonner chez eux pour en découdre mais les frères Natzy ne lui inspiraient pas confiance. Deux vrais abrutis. Des trognes à chercher la bagarre. Un vocabulaire de basse-fosse. Tout pour plaire.

Environ un an après leur installation, le cerbère tonitruant des Natzy succombait à une attaque anonyme de boulettes avariées.

S'ensuivit une période de suspicion sévère. Les Natzy montraient les crocs. On se préparait au pire.

mercredi 26 septembre 2007

Visite guidée

L'Histoire de Trous sur Gloire remonte à l'antiquité. Dans le voisinage, ça n'impressionne personne. Les Gaulois, le Moyen Âge, tout le tremblement, c'est bon pour le centre-ville. L'attrape touristes. Clampin aime à répéter que la région travaille du château. C'est pour situer.

Par ici, c'est moins relevé. Ni monuments, ni musées. Pas une ruine à se mettre sous la dent. Ancien bastion ouvrier, l'architecture incarne le rêve prolétarien. Un alignement de maisons à touche-touche. Modèle unique. Façades à l'identique. Un étage, pas plus. Sur l'arrière, la portion de jardin démocratique. Cabanon en prime pour quelques-uns. L'idéal populaire clés en main.

Mezzig s'était tout de suite senti à sa place au milieu de ce décor. Il y avait dans ces murs quelque chose qui lui ressemblait.

Pour une fois, parmi tous ces visages, il sentait qu'il pouvait raccrocher le masque. L'artifice avait fait long feu.

mardi 25 septembre 2007

Mantra l'eau

Mezzig à sa place habituelle. Au fond de la Glotte.
Attablé devant son café. A la lutte avec son Glob.

Soudain, traversant la salle:
Et le Mezzig, qu'est-ce qu'il en pense de tout ce tintouin?
Mezzig débarque. C'est à quel sujet?
Ben oui, quoi, t'es toujours aussi bouddhiste?
Du tac au tac:
Quand j'boude, uniquement quand j'boude. C'est pour quoi?
Mimiques en coin de la Virago derrière son comptoir.
Tous ces moines en face des généraux, ça t'inspire quoi?
Mezzig, les neurones en surchauffe:
Manque de bol. Si l'armée reçoit l'ordre de faire feu, ça s'ra pas bonze à voir. Safran l'coeur à l'avance.

Débâcle au comptoir. Epaules en hausse.
Y'a vraiment rien à en tirer des gars comme ça.

lundi 24 septembre 2007

Bâtons rompus

De nouveau Mose au bout du fil. C'est presque de l'addiction.

Mose a des projets. Le mieux serait qu'il passe en discuter. Mezzig lui suggère de lui tracer les grandes lignes au téphone. Pas la peine qu'il se dérange.

Mais pas question. Mose pense que c'est trop risqué. Il préfère rester discret.

Mezzig récidive. Il est pas mal crevé ces derniers temps. Des migraines à répétiton. Pas trop la frite. C'est à propos de quoi?

Mose esquive. C'est trop confidentiel. Une fuite est si vite arrivée. Mezzig jure qu'il tiendra sa langue mais Mose ne veut rien entendre. Il va raccrocher.

Mezzig assure qu'il fera de son mieux. Peut-être d'ici la fin de semaine. Mose dit que c'est comme bon lui semble. C'est pas pressé, pressé. Et merci encore...

De rien...mais c'est trop tard. Mose est aux abonnés absents. Encore un qui n'a que ça à faire.

dimanche 23 septembre 2007

Huis clos

C'est fait: c'est reparti. Mezzig n'y songeait plus. Il avait presque fini par oublier.

Et voilà que ça refait surface sans prévenir. Cette espèce de noeud désagréable en haut du dos. Bientôt, la douleur va gagner du terrain. Suivront la nuque raide. L'impression d'un marteau piqueur au fond de l'oeil. Le crâne au seuil de l'implosion. La vraie purge quoi.

Aussitôt Mezzig se précipite sur le tube de cachets sous le regard d'un Li Pouiye compatissant. Direction la chambre à coucher. Volets tirés. Un maximum d'obscurité. Du silence à gogo.

Mezzig se tâte le poul. Mezzig s'enfile sous la couette. C'est rideau pour la rigolade. On envoie le générique. Fin des programmes.

samedi 22 septembre 2007

Bonne d'âme

Le vent se lève. Tombent les premières copies. Son lot de corrections sous le bras, Madame se jette sur la théière et fonce s'enfermer dans son bureau.

Au passage, Mezzig lui tire son chapeau. Encore un métier pour lequel il n'était pas taillé. Passer le plus clair de son existence à tenter d'imprimer une direction à des floppées de trajectoires excentriques, très peu pour lui.

La différence, c'est que Madame a la foi. Là-dessus, elle est indécrottable. Elle se rebiffe que chacun a droit à une chance et qu'on ne doit laisser personne sur le carreau.

Sur ce point, Mezzig se sent assez mal placé. Ses années d'école lui restent coincées dans la gorge comme la bolée de soupe à la citrouille de son enfance.

Il faudrait le payer cher pour qu'il en reprenne une louche.

vendredi 21 septembre 2007

Grand beau

A la Glotte, on commence la journée au petit blanc. La clope au bec. Les yeux cernés. On se repasse la Feuille de Choux locale de main en main. Sans commentaires. C'est trop tôt pour une bordée d'opinions. La Virago veille au grain. Priorité à la météo.

Longtemps qu'on n'avait pas eu autant de soleil. Après l'été pourri qu'on a essuyé, c'est pas de refus. Pourvu que ça dure.

En même temps, si ça continue au beau, c'est mauvais signe. Y'a qu'à voir le fleuve comme il est bas. Pas de quoi remplir les nappes.

Sans compter que c'est toujours pareil. C'est quand on reprend le collier que ça s'arrange. Ciel bleu en semaine et couvert le week-end. C'est tant mieux pour ceux qui fichent rien. Pour les autres, c'est le moral qui en prend un coup.

Conclusion: on s'en jette un deuxième pour arroser ça. Et faut pas rigoler, cul sec! ça va de soif!

jeudi 20 septembre 2007

En dérangement

Des idées. C'est cabotin les idées. Des idées on en a des kilos ou c'est tintin. On court après. On se creuse pour en dénicher un semblant. Au pire, on carotte celles des autres et c'est gagné. On a l'air moins benêt.

Un point de vue que ne partage pas Clampin qui n'y va pas par quatre chemins. Est-ce que Mezzig a déjà vu des poules?

Mezzig ne voit pas le rapport.

Les poules, enchaîne Clampin, on les attrape pour leur tordre le cou. C'est pour ça qu'on les nourrit. C'est tout.

Présenté comme ça, évidemment, c'est imparable. Où est-ce qu'il avait la tête? Mezzig aurait pu y penser tout seul.

mercredi 19 septembre 2007

Ingrats doubles

La P'tit'Dame d'en Face se plaint qu'elle n'a pas vu ses enfants depuis longtemps. Ils lui téléphonent une fois par semaine, mais ça ne remplace pas les visites.Sa fille est mariée. Elle habite loin. Quatre enfants à élever. Un époux casanier. Des finances au cordeau. La P'tit'Dame a fini par en prendre son parti.

Son fils, par contre, c'est de la mauvaise volonté. Il n'a que la ville à traverser. Célibataire. Pas d'obligations. Un salaire correct. Il pourrait faire un effort. S'occuper de sa mère. L'emmener lécher les vitrines. Lui faire des courses. L'aider à ranger ses papiers... C'est quand même pas le bout du monde, vous croyez pas?

Encore heureux qu'elle a des voisins pour veiller sur elle! Elle se débrouillerait comment autrement? elle vous le demande. C'est simple: on devrait pas vieillir.

Allons! Allons! minimise Mezzig à court d'inspiration. Madame lui glisse à l'oreille que dans le genre réconfortant, c'est réussi! Elle a honte pour lui.

mardi 18 septembre 2007

En douce

Bizarre. Depuis peu, quelqu'un s'amuse à glisser des billets manuscrits sous la porte. Le dernier en date portait l'inscription suivante:

ce qui prête à rire, donne à penser

Sur un autre, on pouvait lire:

quand on se penche pour regarder le ciel dans la rivière, on voit des poissons dans les arbres

Et sur celui-là encore:

même parvenu au sommet de la montagne, un nain reste un nain

Mezzig se demande de qui ça vient ces bouts de papier. Trop subtil pour être l'oeuvre d'un Mose. Kraine ne se permettrait pas. Trop effacé. Clampin, lui, il ne met plus les pieds en ville. Quant à la Virago, c'est exclu pareillement: à cause du nain sur la montagne.

A ce jour, l'énigme reste donc entière. Mezzig est sceptique. Affaire à suivre.

lundi 17 septembre 2007

Parti pris

La nouvelle n'a pas été longue à se répandre. Aux dernières élections, la Virago a voté majoritaire, ce qui n'a étonné personne. Les habitués encore moins. C'est l'intéréssée elle-même qui s'en est vanté.

La couleur avait été annoncée avant les résultats. La Virago ne tarissait pas d'éloges pour le petit, celui qui allait redresser la barre et rétablir l'ordre où nécessaire. On allait enfin remettre tout le monde au travail et se débarasser des tire-au-flanc.

Ajouter à cela un couplet sur les colorés qui feraient mieux de ficeler leur baluchon fissa, les assistés qui vivaient au crochet des allocations et les messies de tout poil (allez savoir pourquoi, Mose s'était senti directement visé) et le programme était bouclé.

Jusque là très discrets, les opposants n'avaient pas tardé à se manifester. En plus des verres, la Virago avait dû essuyer quelques vertes saillies, ce à quoi elle n'était pas habituée.

Au pire de la crise, on l'avait traitée des militante des droits du gnome. Un trait qu'elle n'avait pas encore digéré.

dimanche 16 septembre 2007

Fond d'écran

Nul besoin de tourner autour du pot. C'est immédiat: l'air est bleu. La lumière entame son déclin. Des parfums montent à l'horizon du soir.

Au fil du goudron, la 2Cylindres est toute à son affaire. Vitesse de croisière atteinte. Le moteur à température. La mécanique produit son effet. L'échappement ses pétarades.

C'est parti pour rouler! S'envoyer de la route sans aller nulle part. S'avaler de la borne au kilomètre histoire de rester en selle. Filer dans le décor, la machine serrée entre les jambes. Le ventre soudé à l'engin...

Mezzig se marre. Heureusement que personne n'est là pour l'entendre. Il aurait l'air de quoi!? Si on peut plus se faire son cinéma sans déranger, c'est quand même un monde!

samedi 15 septembre 2007

En quête

Après plusieurs tentatives infructueuses (l'animal avait l'air sur ses gardes), un premier contact sérieux fut établi. Comme souvent, c'est le hasard qui s'en mêla.

Kraine était sorti s'acheter de quoi fumer. Jusque là, rien de bien captivant. Sauf qu'au retour, mauvaise surprise: pas de clés, oubliées à l'intérieur. Seule échappatoire, sonner chez Mezzig pour regagner ses pénates en sautant par dessus le mur mitoyen du jardin.

Bien entendu, Mezzig ne s'est pas fait prier. Il en a profité pour improviser un brin de causette. Kraine était coincé.


On avait franchi un pas raisonnable, l'essentiel étant de ne pas perdre la main. Mezzig ne voulait
pas non plus avoir l'air trop curieux. Kraine aurait pu se méfier. Et puis, le côté mystérieux du
quidam avait quelque chose de séduisant.

Kraine se montra aimable. Il plut à Madame et Li Pouiye, après l'avoir flairé copieusement, offrit son ventre à gratter. Preuve qu'il était en confiance.

L'affaire progressait. Mezzig était aux anges.

vendredi 14 septembre 2007

Sang d'encre

Le monde est un arc en ciel écarlate. D'un côté, les Mauves. De l'autre, les Fuchsia. Mauves et Fuchsia sont en guerre. Pour maintenir l'ordre, les Vermillon font tampon.

Régulièrement, les Mauves montent une embuscade contre les Fuchsia. Il y a des morts.

En représailles, les Fuchsia lancent une attaque en règle contre les Mauves. Les Vermillon s'interposent. Il y a des morts.

La sanction est immédiate. Pour se venger, Mauves et Fuchsia décrètent une alliance et provoquent les Vermillon au combat. Mieux armés, les Vermillon repoussent l'assaut. Il y a des morts.


En pleine déroute, les Mauves se retournent contre les Fuchsia qu'ils accusent de trahison. Les Fuchsia ripostent. C'est l'affrontement. Encore des morts.

Les Vermillon sautent sur l'occasion pour durcir l'offensive. Mauves et Fuchsia sont défaits. On dénombre de rares survivants.

Indignés, les Pourpre décident d'envoyer des troupes pour séparer les belligérants et tenter de sauver des vies.

Les Grenat désapprouvent et mobilisent...On craint de nouvelles victimes.

Aucun doute n'est permis: la guerre c'est la paix. Mezzig abdique.

jeudi 13 septembre 2007

Par excès

Clampin a entendu parler d'une idée qui circule dans le voisinage qui dit qu'il faut s'activer davantage pour ramasser plus. C'est discutable.

On devrait envisager un autre point de vue. Par exemple, se dépenser moins pour en profiter pleinement.

C'est une piste à creuser. Sans trop se fouler s'entend.

mercredi 12 septembre 2007

A propos

La nature est gironde. Pleine comme un oeuf. Travail en cours. L'accouchement va bon train. Sans douleur.

Mezzig écoute.

C'est la saison parfaite. La fin du cycle. L'instant de délivrance. La terre est à point. Elle craque. Elle déborde. Elle se répand partout. On n'a qu'à se baisser.

Mezzig est au diapason.

C'est un vrai régal. L'impression d'une plénitude. D'une générosité sans pareil. La grande liquidation des stocks avant fermeture.

Là, Mezzig fait la moue. Trop fonds de commerce comme image.

Mais si! On se débarasse. On laisse rien derrière. Table rase. Le coup de grâce. Pour faire la nique à l'hiver. Lui couper les vivres. Qu'il soit moins mordant. Qu'il s'épuise avant.

Mezzig a suivi. C'était édifiant comme échange. On devrait inviter des gens plus souvent.

mardi 11 septembre 2007

Hygiène de vie

Une fois sorti, deux options se présentent: remonter la rue par la gauche ou la descendre en partant dans l'autre sens. Il n'y a pas de règle. D'ailleurs, descendre ou monter, ça ne signifie rien: la rue est aussi plate qu'un faux compliment.

Après, grosso modo, c'est le même parcours à chaque fois. A l'endroit ou à l'envers. On passe au pied des immeubles, entre les voitures en stationnement et le peu de pelouse disponible où dégourdir Li Pouiye. Retour le long de la voie de chemin de fer. C'est bouclé.

Par beau temps, Mezzig pousse jusqu'au jardin public, mais c'est une exception. Trop propret. Trop prout-ma-chère. Délicat de faire crotter la bête sans s'attirer les foudres du gratin.

En plus, Li pouiye à horreur des ballet-brosse à la noix et autres bichons de service.

Mezzig adhère: tous les derrières ne sont pas bons à renifler.

lundi 10 septembre 2007

Divergences

Mose au téléphone. Le Comité pour la restauration de la Touffe à l'Ancienne bat de l'aile. Plusieurs cotisations n'ont pas été renouvelées. les finances sont au plus bas. Il faut convoquer une assemblée dans l'urgence.

Mezzig considère au contraire que, par nature, le mouvement est voué à demeurer clandestin, qu'il s'agit plus d'organiser la résistance que d'avoir pignon sur rue.

Mose, lui, voit plus grand. Il penche pour un regain d'activisme. Il est pour des actions plus spectaculaires. Dans son idée, il s'agit de mettre tout en oeuvre pour alerter l'opinion plutôt que de continuer à comploter dans son coin.

Mezzig rétorque que le risque c'est de favoriser le développement de la Touffe académique au détriment de son homologue sauvage. Plus authentique. Plus ébouriffée par définition.

L'argument vaut d'être examiné de près. Mose s'accorde un délai de réflexion. Il rappelera.

samedi 8 septembre 2007

Jeu de Main

C'est beau. C'est émouvant. Tous ces paquets de chair qui s'empoignent pour couver le même oeuf. On dirait une explosion de maternité débridée. Le retour de l'ancestrale croisade pour la conservation de l'ovule. L'éclosion de la moderne Ovalie, souveraine porteuse des tribunes.

En espérant que la liesse ne soit pas trop prématurée...

vendredi 7 septembre 2007

Pas Potes

La Glotte n'a pas son pareil pour ce qui est de la discute. Il suffit de s'asseoir dans un coin et de tendre l'oreille. Mezzig ne s'en lasse pas. Il s'installe avec son café et se fait oublier. La suite ne tarde pas à venir.

La Virago: déjà sur l'pont ces deux là! on peut dire qu'ça traîn'pa!

Client no1: (ironique) on est tellement bien r'çus ici qu'on aurait tort de s'priver.

Client n2: (inspiré) à la guerre comme à la Glotte: le canon faut qu'ça dépot!

La Virago: au moins avec des rudes comme vous, c'est vos fem' qui doiv'ètes tranquilles!

Client no2: sûr qu'c'pa ici qu'é craign'd's'attraper des cornes...

Client no1: ni nous un tour d'reins!...
(coup d'oeil circulaire: cherchant l'approbation)

Autres clients: .............................(sourires en coin)

D'accord, la qualité des échanges n'est pas toujours au rendez-vous mais, ça fait rien, ça passe le temps.

jeudi 6 septembre 2007

Café Corset

Mademoiselle Virago n'aime pas les hommes et c'est ce qui les attire. Mademoiselle Virago tient la Glotte d'une main de fer et c'est ce qui les fait rêver. Cerise sur le gâteau, Mademoiselle Virago est de l'autre bord et elle ne s'en cache pas. C'est d'autant plus exotique.

La Glotte est un établissement sans chichi, à l'image du quartier. Un comptoir bois et zinc. Chaises et tables dans la tradition. Pas de musique cache-misère en bruit de fond. Un service pètesec, voire cassant les mauvais jours. A la mesure des lunes de la patronne.

A la Glotte, Mezzig ou pas Mezzig, tout le monde est logé à la même enseigne. Là dessus comme sur le reste, la maison ne fait pas crédit.

mercredi 5 septembre 2007

Pierre Paul Jacques

Mis à part la P'tit Dame d'en Face qui croyait qu'il était médecin à cause de la sacoche en cuir qu'il baladait toujours avec lui, on a d'abord soupçonné Kraine de tremper dans des histoires louches. On n'en aurait pas donné sa main à couper mais, avec sa tête pas comme les autres, son allure, ses va-et-vient inexpliqués, sans parler de son espèce d'accent à la cosaque, ça poussait à gamberger. On aurait aimé en avoir le coeur net.

Mezzig était au premier rang question renseignements. Après tout, Kraine et Mezzig étaient voisins, c'était donc lui le mieux placé. On lui faisait confiance pour approcher le bonhomme et grapiller des informations.

Mezzig n'avait rien promis. Il avait lancé On est encore en Démocratie, oui ou quoi!!!

Quelqu'un avait balancé Quoi! mais impossible de dire qui. La liberté d'opinion, c'est pas toujours une évidence.

mardi 4 septembre 2007

Mise en Jeu

Entre ceux qui changent de file sans clignoter. Ceux qui rêvent de le gratter au démarrage.
Ceux qui pilent au feu, qui reculent sans regarder. ceux qui se tamponnent des priorités ou se recoiffent au stop.

Entre ceux-là et les autres qui roulent à donf, vitre ouverte et musique plein pot, les frappés du champignon, les fadas de la culasse, Mezzig n'a que l'embarras du choix.

Auquel rendre hommage? A qui décerner la palme? Les délibérations sont au point mort.

On prend les paris: qui c'est qui va casquer entretemps?

dimanche 2 septembre 2007

Sur Mesure

Dans telle rue, derrière telle porte, sur ce balcon, sur ce coin de trottoir, sous tel toit, les épisodes de sa vie sont ancrés. Il n'y a qu'à tourner les pages.

D'un côté, c'est troublant comme de marcher dans un décor de cinéma. Celui où l'on a tourné ses scènes les plus marquantes. Vu sous un autre angle, l'impression d'être pris au piège n'est pas loin. Pas moyen de quitter l'écran, d'échapper au scénario. Impossible de troquer son rôle contre un autre.

Mezzig ne serait pas contre un changement de costume pour une fois. Le sien est un peu râpé aux entournures. Passablement fripé itou. Il faudra qu'il en glisse un mot au producteur la prochaine fois.

Si au moins on lui disait qui c'est et à quoi il ressemble.

samedi 1 septembre 2007

Et toque!

Madame s'interroge. A quoi ça sert de rédiger un, comment tu appeles ça déjà?...glob, c'est curieux, ça sonne un peu comme, ça fait...bon, ça fait rien, passons...donc quel est l'intérêt d'écrire son... glop sans savoir s'il y a quelqu'un qui lit. Elle dit que c'est comme de faire la cuisine tous les jours pour un invité qui ne viendra peut-être jamais.

Mezzig trouve la comparaison intéressante. Concocter des petits plats pour le plaisir. S'inventer de nouvelles recettes. Varier les assaisonnements, la cuisson. Se creuser les méninges au fourneau.

Madame rétorque que tiens, à ce propos, c'est pas souvent qu'il met la main à la pâte côté fourneaux.

Mezzig objecte qu'il ne voit pas le rapport. Sur quoi, Madame souligne qu'elle non plus, de rapport, elle n'en voit pas une miette.

Mezzig se défend qu'elle ne manque pas d'estomac mais c'est sans conviction.