samedi 31 janvier 2009

Voix de presse

Et de deux: Mezzig lit dans le journal que


Les républicains ont élu pour la première fois hier soir un Noir, Michael Steele, pour diriger leur parti, dix jours après l'investiture du premier président noir des Etats-Unis Barack Obama.


A La Glotte, on ne s’emballe pas pour si peu. 


On se contente juste de faire gentiment remarquer que même si, par chez nous, le petit se veut blanc comme neige, il y en a un joli paquet par contre qui commencent à se sentir  sacrément marron.



Découvrez Serge Gainsbourg!


mardi 27 janvier 2009

Groin à moudre

Normal que Clotilde prenne un congé de temps en temps. Elle a bien droit a un peu de repos elle aussi. Non, ce qui insupporte la P’tit Dame d’en Face au plus haut point, ce sont les nullités qu’on lui envoie en remplacement.


Non seulement ces bécasses se permettent de fourrer leur nez partout dans ses affaires et de la rudoyer. Mais il y a plus grave. A croire que ces chipies le font exprès de traiter ses protégés comme des moins que rien.


On peut dire qu’avec des truffes pareilles, ses pauvres petits cochons bleus en voient de toutes les couleurs. 



Découvrez Sonny Terry!


samedi 24 janvier 2009

Fausses notes

Plus les jours passent et plus il se fait l’effet d’un pet de moine ballotté par tous les courants d’air entre chez lui et l’appartement de Diane. 


Sans être outre mesure attaché à son quartier, il se sent encore à sa place dans sa rue, au milieu de ses voisins, même s’il se considère différent d’eux, ne les fréquente pas beaucoup, s’en détourne au besoin.  


Pour ne prendre qu’un exemple: Mezzig. Un type qu’il apprécie, qui a ses bons côtés, ses travers aussi, comme tout le monde, un peu plus peut-être. Toujours est-il que Kraine ne se verrait pas vivre comme lui.


Mis à part sa 2Cylindres, ses descentes impromptues à La Glotte, quelques bavettes taillées avec Samar quand il va faire son plein de clops, son Glob qui patine dans la semoule (par curiosité, Kraine y jette parfois un oeil sur l’ordi de Diane mais c’est loin d’être sa tasse de thé) et son inénarrable chien, c’est le calme plat.

Pas d’enfants. (Mezzig ne s’est pas épanché là-dessus mais kraine parierait volontiers sur une déficit croissant de galipettes avec
Madame). Le moins possible d’imprévus. Jamais de turbulences. Aucun d’accroc.


En bref, le genre d’existence au ras des pâquerettes qui lui collerait des boutons et que Kraine s’évertue à fuir avec rage et force vodkas.




Découvrez Alice Cooper!


jeudi 22 janvier 2009

Code phares



Au fond du camping-car, Dédé et le Gamin regardent les photos prises à la tombée du jour alors qu’ils roulaient bien au chaud dans la cabine, la radio en sourdine, bercés par les langueurs du moteur et les kilomètres d’asphalte avalés en douceur et tous les deux en reviennent à peine combien c’est beau une route, la nuit, avec ces lumières comme des notes de musique ou des lampions et que, merde, qu’est-ce qu’ils foutent sur ce parking rincé par les averses au lieu de lever l’ancre et d’aller voir ailleurs ce qui les attend sous les étoiles.




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Découvrez Paul McCartney!




Découvrez Paul McCartney!

samedi 17 janvier 2009

Satori jaune

Pour filtrer les feuilles de thé tibétain qu'il s'infuse par litres toute la journée, Géronyme Clampin se sert d'un chinois. 

Mezzig ne peut s'empêcher de confesser combien lui sont plaisantes ces goûteuses petites ironies de la vie.



Découvrez Herbie Hancock!

mercredi 14 janvier 2009

Obole

Samar aurait ouï dire que la veille un coiffeur du centre-ville se serait fait attaquer à l'heure où il fermait boutique.

A La Glotte, on ne voit pas les choses sous le même angle: on soupçonne victime et agresseurs d'être de mèche! Mezzig s'étonne qu'il se trouve toujours quelqu'un dans ce monde pour couper les cheveux en quatre.


Découvrez Patrick Doyle!



mardi 13 janvier 2009

Temps perdu

Sans le savoir, en regardant par la fenêtre le ciel gris et les gouttes qui disparaissent dans les flaques, Kraine et De St Edmond se posent tous les deux la même question: à quoi est-ce qu'ils occupaient leur temps de mômes les jours de pluie comme aujourd'hui?

Et sans le savoir, au même instant, tous les deux regrettent de ne pas se souvenir au fond de quelle malle couverte de poussière sont rangées les images un peu usées aux coins de nos enfances. 


Découvrez Tykwer/Klimek/Heil!



mardi 6 janvier 2009

Bien ordonnée

On a dormi. On a dormi beaucoup. On a dormi longtemps. On a dormi tellement que le matin Madame était épuisée de sommeil. A tel point que si elle avait pu, elle aurait dormi encore.


Solidaire dans l’effort, Mezzig n’a pas ménagé sa peine pour lui prêter main-forte et l’assurer de son soutien sans faille. Une adhésion qu’il s’est fait un devoir de rendre indéfectible en s’éternisant sous la couette pour saluer le courage de Madame repartie travailler aux petites heures.


Mezzig défie quiconque de lui prouver le contraire: à condition d’être bien compris, l’esprit de corps est sans limites pour qui fait montre de bonne volonté.

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mercredi 31 décembre 2008

mardi 23 décembre 2008

Paire de manches

La maison ne reculant devant aucun sacrifice, Montana et La Virago satisfont la clientèle attifées en St Nicolas - jupette et bonnet assortis sur fond de collants fantaisie - perchées sur des demi-escarpins laqués du meilleur effet.


Réfrénant son envie de les qualifier de Çacraints de Noël ambulants, Mezzig s’est gardé de tout commentaire. Preuve que, dans son genre, on peut trouver plus épineux.




Découvrez Bruce Springsteen!


lundi 22 décembre 2008

La voie du sien

Sur le bord de la rive, à peine il aperçoit une de ces créatures pas plus haute que deux pommes, couverte de poils rêches et armée d’incisives jusqu’aux dents, c’est merveille de le voir, immobile comme un marbre, tout entier, tel la flèche sur sa corde, tendu vers sa cible.

Ensuite, commence le travail d’approche. En équilibre sur des oeufs,
Li Pouiye avance la patte, sonde le sol de ses coussinets, assure ses appuis, stabilise, calcule mentalement ses distances, évalue ses chances d’être le plus rapide, 


décide finalement que nenni, il en manque encore pas mal et que mieux vaut engager un membre supplémentaire dans l’opération.


Avec d’infinies précautions, Li Pouiye manoeuvre à l’arrière, soulage son train, bande la cuisse et prépare le prochain pas.


A distance respectable, Mezzig s’efforce d'imiter la manoeuvre en se disant que, dans ce domaine au moins, il a encore des leçons à prendre avant d’espérer égaler le maître.





Découvrez Nellie McKay!

lundi 15 décembre 2008

Coup bas

Comme toujours en cette période, Madame n’est pas à prendre avec le dos de la cuillère. Il y a de l’électricité dans l’air. De l’eau dans le gaz. Ce qu’il faut de cheveux sur la soupe. Et des excédents de vent dans les voiles.


Mal inspiré, Mezzig s’inquiète de ce qui pourrait lui rendre service, la soulager, lui redonner du mordant.


La réponse fuse que Madame en a autant à son service et qu’il ferait mieux d’aller s’en payer une tranche sur sa 2Cylindres ou de retourner s’occuper de son Glob au lieu d’errer partout dans la maison en s’inventoriant le nombril.


Interdit, Mezzig encaisse puis se reprend qu’il s’attendait à tout sauf à faire un tel bide!





Découvrez Tom Waits!

mardi 9 décembre 2008

Pris de cour

A force de la chercher dans tous les rades, les restaurants, les clubs et autres boîtes en vogue, Kraine finit par prendre goût à ses tournées nocturnes.


Il fait des rencontres. Parle avec des tas de gens. Vide des collections de verres. Fume des hectares de tabac. Avec d’autres, il refait le monde à la chaîne. Troque des délires de poivrots contre une dernière heure à perdre.


Il essuie des larmes de comptoir. Fourre des chagrins au fond de ses poches. Prête l’oreille à des poèmes volatiles. Pose des questions. Espère des réponses.


Et puis, un soir, au détour d’une rue, Diane réapparaît et c’est encore pire que si elle était sortie de sa vie pour de bon.




samedi 6 décembre 2008

En droite ligne

Vers la fin de sa vie, il ponctuait souvent ses phrases d’un que veux-tu, c’est comme ça : les riches, les pauvres, ceux qui décident et ceux qui n’ont pas d’autre choix, la vie qui n’était plus ce qu’elle était, tout ce qui allait trop vite, ce qu’il ne comprenait pas, c’était comme ça.


Assise à côté de lui dans la pénombre, Clotilde écoutait le vieil homme enfoncé dans son fauteuil dévider ses souvenirs, exprimer ses craintes, ses rancoeurs, sa colère. 


Il était né “du mauvais côté” comme il disait. Du côté des sans-grade, des petites gens et, comme eux, il avait courbé l’échine, tendu le dos, s’était démené pour gagner le peu qu’il avait et le conserver coûte que coûte.


Parfois, Clotilde se dit qu'elle aimerait bien elle aussi pouvoir faire pareil, agir avec le même détachement, mais, c'est plus fort qu'elle, elle n'y peut rien, c'est comme ça et c'est pas autrement.

 




Découvrez Neil Young

mardi 2 décembre 2008

En boule

L’autre jour, quelqu’un lui a demandé pourquoi il portait toujours ce drôle de petit bonnet sur la tête. Est-ce que ça voulait dire qu’il s’était converti?


Pour toute explication, Samar s’est contenté de montrer son crâne lisse et luisant comme un oeuf. Comme ça, pas la peine d'y revenir: les apparences sont chauves!




Découvrez The Charlatans!

dimanche 30 novembre 2008

Linceul au monde

Le tapis de feuilles mortes qui recouvrent les allées, s’amoncellent aux pied des arbres. Les branches décaties, squelettiques, funéraires, entre lesquelles s’effilochent les langues du brouillard. Le silence qui s’égoutte et rentre en terre. 


Debout derrière la fenêtre, son bol de café fumant à la main, Edmond de St Edmond est plongé dans sa contemplation matinale. Il a beau savoir que ce qu’il a sous les yeux recèle une certaine beauté, il ne ressent qu’un engouement mitigé pour le tableau.


Plus les années passent et moins il apprécie cette mise au caveau généralisée qui lui glace l’échine. Si ça ne tenait qu’à lui, il vendrait tout et partirait se réchauffer la couenne au soleil.


Ajouté à ça le fait que Geneviève n’arrête pas de lui seriner qu’il a tendance à s’empâter et que s’il reste sans réagir il ressemblera bientôt à une vieille croûte, de St Edmond finit par se demander s’il n’est pas en train de prendre un sérieux coup de vieux quand même.


A sa décharge, vu son âge, il ne va pas non plus jouer les pimpants ni les pâmés. Pourquoi pas se faire lifter une conduite pendant qu’on y est! A ce jeu-là, on tombe souvent vite dans l’excès ce lui semble!




Découvrez Ron Kaplan!


mercredi 26 novembre 2008

Allumé de service

Il réfléchit que si l'on prenait l'habitude de travailler moins dès que les jours raccourcissent, il y aurait peut-être moins de monde en mal de lumière, de mines défaites, de traits tirés comme en ce moment.

Le reste du temps, les gens pourraient rester chez eux, au chaud sous la couette, à lire des livres, réviser leur anatomie, se masser les orteils ou pioncer tout bonnement.

Si Madame ne devait pas se lever aux aurores, c'est sûrement ce qu'elle ferait. Heureusement que Mezzig est là pour avoir des éclairs de génie. Il n'ose même pas imaginer dans quel état elle serait autrement. 


Découvrez Tom McRae!


lundi 24 novembre 2008

Ressacs de voyage

Chassés par l'arrivée de la neige et des prévisions peu amènes, Dédé et le Gamin ont entamé leur remontée avec un peu de retard sur l'année passée. Comme le Gamin voulait voir l'océan, ils ont fait un crochet par la côte avant de mettre le cap sur la ville et le parking derrière chez Mezzig.


Dans l'ensemble, le ciel s'est montré plutôt clément.




En plus, il n'y avait personne. On ne peut pas demander mieux. Ou alors c'est plus cher.



dimanche 16 novembre 2008

Talent casher

Il a pris son temps avant de lui en parler. Il ne voulait pas lui donner l’impression de se mettre en avant. Ils ne se connaissent pas bien dans le fond mais Samar a confiance. Il sait que Mezzig ne se moquera pas.


Le fait est que, voilà, le soir, quand sa femme et les enfants sont couchés et qu’il est au calme, Samar écrit des poèmes. Si Mezzig est d’accord, il serait content de lui en faire lire quelques-uns, enfin, c’est à dire à condition que ça ne l’embête pas, que ça ne lui prenne pas trop de son temps.


C’est gentil de sa part. Limite gênant. Mezzig n’est pas sûr de lui être d’un grand secours dans ce domaine. Il n’y connaît pas grand chose en poésie. 


Samar s’en contrefiche. Il voudrait juste qu’il jette un oeil. Il n’est pas obligé de donner un avis non plus. C’est sans façon: parce que ça lui fait plaisir, c’est tout.


Mezzig finit par céder. Puisque Samar y tient, pour la prochaine fois, il n’aura qu’à lui en mettre une poignée de côté. Des vers en primeur, ça ne se refuse pas.




Découvrez Léo Ferré!


vendredi 14 novembre 2008

Plein rendement

D’abord le pied. La jambe ensuite. Ah! oui, il allait oublier, le bras. Mais quel bras? Le gauche d’abord? L’autre? Le premier qui lui tombe sous la main sera le bon.


Après ça, respirer. Si possible avec naturel. Détendu. L'air de rien.


Il en a de bonnes le Tai Chi Chieur! Evidemment qu’il sait comment ça fonctionne: des années qu’il fait confiance à ses bronches pour ventiler! C’est pas maintenant qu’on va lui faire un dessin.


Etape suivante: l’enracinement.


Prendre la terre à témoin. S’ancrer profond. Solide mais sans forcer. A la fois ferme et léger. Et puis quoi encore: aérien pendant qu’on y est! Qu’est-ce qu’on ne va pas inventer pour se rendre intéressant! 


On continue.


Mezzig tangue. Souffle comme un boeuf. Se disloque à vue d’oeil. Transpire à gros bouillon.


Madame se montre magnanime. Peut-être qu’une pause, un entracte, une mi-temps, les trois dans la foulée, voire, ça ne serait pas du luxe. Enfin, ce qu’elle en dit: c’est pour lui. Sa santé avant tout.





Découvrez Philippe Saunier!