samedi 28 mars 2009

De fil en aiguille

Comme à chaque fois, le sujet divise. Des voix s’élèvent. La conversation s’emballe. La Glotte s’échauffe.


Soucieuse de clore le débat, La Virago qui n’entend pas se laisser grimper sur les ergots monte aux créneaux que cette nuit, c’est d’accord, on avance l’heure d’une heure mais, en réalité, c’est d’une heure qu’on recule. 


Ce à quoi les plus sceptiques objectent à juste titre qu’il faudrait savoir: c’est une heure en plus ou une heure en moins qu’on va gagner. Parce que c’est pas la même chose. 


Sur ce point, Mezzig est unanime: depuis le temps que ça dure la plaisanterie, est-ce que ça vaut encore la peine d'en faire toute une pendule?





vendredi 27 mars 2009

Panier de maître

A de rares exceptions près, Géronyme Clampin prodigue son enseignement dans un silence quasi extatique, ce qui ne va pas sans en déranger certains, on imagine. 


Mezzig raconte à Madame que l’autre soir pourtant, il est magistralement sorti de sa réserve en expliquant que pour réussir le mouvement suivant, les participants devaient évoluer en se concentrant à la fois sur la bouche et l’anus, un peu comme s’ils cherchaient à mettre les deux en contact.


Interdite, l’assistance s’est une seconde imaginée qu’il s’agissait d’apprendre à se becqueter la rondelle. 


Le groupe en est resté les bras ballants: plutôt du genre culottée la leçon! 






mercredi 25 mars 2009

Voix sans issue

Prendre ses dispositions. Se déterminer. Faire un choix: difficile de trancher. Pour certains, ça coule de source. Pour d’autres, c’est le casse tête assuré.


Opter pour une direction plutôt que pour une autre, c’est selon: la calcul peut s’avérer payant. On peut aussi s’engager sur la mauvaise voie. Ou alors on s’arrange pour rester sur place, ça dépend.


Le mieux, serait encore d’y aller franco et de voir après. Soit on bouge, soit on ne bouge pas. Comme ça, on est fixé.


Après moult tortillons, Mezzig se décide enfin: puisqu’il est dans l’impasse, il décrète de camper sur ses positions. On n’y pense pas assez mais c’est fou ce que ça soulage de prendre son parti!                                                             




lundi 23 mars 2009

Au naturel

En quittant Trous sur Gloire par le sud, on passe devant un parc où il n’est pas rare de croiser Mezzig à la remorque d’un Li Pouiye en flagrant délit de vagabondage.


Ce qu’il ignore, c’est que Diane est née dans les immeubles qui donnent directement sur ce concentré de verdure. C’est par là qu’elle passait pour se rendre au collège.


Là aussi que devenue adolescente, elle s’amusait à se faire peur en se promenant seule dans le noir les nuits sans lune.


Elle a promis à Kraine qu’une fois ils iraient y dormir à la belle étoile et fricoter à l’abri des fourrés.

Kraine a retenu la proposition.
 De son point de vue, c'est plutôt du côté de sa libido que les choses risquent de coincer: aucun risque qu'il s'excite à prendre les devants!





jeudi 19 mars 2009

Rêve général

Evidemment que Madame a fait grève. La dernière fois, elle en était. La prochaine, ce sera pareil. Madame n’en rate pas une!


Par curiosité, Mezzig l’aurait bien accompagnée mais, avec un ciel pareil, tout bleu, et ce soleil radieux, il a préféré lancer sa 2Cylindres sur les petites routes. D’abord, une petite pointe sur la quatre voies pour sortir de Trous sur Gloire. Ensuite, la campagne.


Côté circulation, pas un chat. Le gros des troupes devait être occupé à défiler en ville. Madame lui racontera. 


C’était tellement calme que Mezzig s’est surpris à mettre la gomme sérieux dans les bons endroits. Dans les bois, il s’est presque arrêté écouter pousser la nature. Un peu comme on entend monter le mécontentement le long des boulevards.


Décidément, dans tous les coins, on dirait que quelque chose ne demande qu’à éclore et à reprendre le taureau du regain par les cornes.  


Mezzig avoue qu’il y a des jours comme ça où personne n’accepterait d’être tenu en liesse!




lundi 9 mars 2009

L'avis des bêtes

Dans le miroir, ce matin, Mezzig constate qu'il a de plus en plus de poils disgracieux qui lui sortent des oreilles. Et presque autant des trous de nez.

Si comme il ne se lasse pas de le répéter, Li Pouiye c'est quelqu'un dans une peau de chien, d'ici peu, on ne manquera pas de sous-entendre que, derrière le maître, se cache peut-être un chien dans la peau de quelqu'un.

Après ça, qui oserait encore défendre le moindre principe d'inégalité entre les espèces? Mezzig ne s'opposerait pas à faire connaissance, qu'on se fende la truffe cinq minutes.  
 


mercredi 4 mars 2009

Mise en chaînes

Est-ce que c'est pour mieux faire passer la pilule? Monter la mayonnaise? L'adrénaline en épingle? Ou nous coller la peur au quotidien? 

Un soir, c'est spéciale enfance maltraitée. Le lendemain, comment continuer à vivre quand on a été otage et séquestré. Mineur et récidiviste. Femme et battue. Criminel de guerre et pensionné. Ministre et pris pour cible. 

Au train où vont les programmes, on guette la série crise et criminalité. Misère et alcoolisme. Précarité et torture morale. Chômage et dépendance.

Clotilde qui passe ses soirées devant y va de son commentaire qu'il n'y a pas plus efficace que la télé pour faire écran: suffit de voir à quoi on a eu la chance d'échapper, tout de suite, c'est clair, ça va beaucoup mieux.





mardi 3 mars 2009

Nettoie tout

C’était prévu de longue date. Faire le ménage. De la place. Rentrer dans le tas et tout exploser. Tout virer.


On ne s’en aperçoit pas tout de suite. Ou alors on préfère fermer les yeux. Mais c’est monstrueux ce qu’on entasse. Ça frise l'idiotie.


En une heure, la voiture de Madame était chargée ras la galerie. Rien que des machins à jeter à la benne. Inutile de faire un dessin: c’est pareil pour tout le monde.


Mauvaise pioche! Pour une fois qu’il voulait se rendre utile, fermé le Grand Dépotoir! Zobie le tri des déchets! Pour un peu, Mezzig en serait presque devenu ordurier!






samedi 28 février 2009

Haute fidélité

Mezzig se dit parfois qu’il aimerait bien changer de moto. Pas parce qu’il en a marre de la sienne. Ni parce qu’il a les moyens de s’en payer une autre. Seulement par envie. Pour se trouver une occupation. Se donner un but dans la vie.


En guise d’apéritif, il se jette sur tout ce qui lui tombe sous la main. Il se documente. Compulse des articles. Consulte des compte-rendus. Des fiches techniques. Etudie des comparatifs. Examine des photos. Feuillette des revues.


Un fois sur la brèche, il file chez les concessionnaires. Se montre admiratif. Féru. Il pose des questions pointues. Demande des éclaircissements. Joue les intéressés. 


Si tout va bien, il se fait conseiller un essai. Rien de tel pour se faire une idée. Avoir un aperçu des sensations. Et, si ça trouve, il voudra repartir avec.


Mezzig avoue que c’est tentant. Il s’accorde le temps de la réflexion. Par contre, pour la brochure, il ne dit pas non. Pour l’heure, il y a sa 2Cylindres qui l’attend dehors. Il s'en voudrait de la faire languir.





mardi 24 février 2009

Bande à part

C’est Madame qui a reconnu son portrait dans le journal. Un appel à témoin priant quiconque l’aurait aperçu, ou serait en mesure de fournir la moindre information le concernant, d’appeler le numéro inscrit sous la photo.


Il est précisé que cette démarche fait suite à la récente découverte en rase campagne d’un véhicule carbonisé d'un modèle identique à celui appartenant à l’homme dont on est sans nouvelles depuis des semaines.


Il ressort par ailleurs que ce dernier aurait récemment traversé une grave crise personnelle qui pourrait avoir altéré son jugement et mis son moral à sac.


Sa famille est inquiète et souhaite être contactée rapidement. Le cas échéant, s’il est en mesure de les joindre par ses propres moyens, ses proches exhortent Mose Cointro (Cointro n'en faut! comme il dit) à se manifester et à les rassurer sur sa santé.


Mezzig tient à rester prudent mais voilà une affaire qui s'annonce clairement piquante à démêler!




samedi 14 février 2009

A la vôtre

Tous ces bonshommes, je te jure, qu’est-ce qu’ils font à La Glotte un jour pareil à s’en envoyer derrière la cravate au lieu de courir acheter un bouquet et de rentrer bride abattue l’offrir à leur chérie, vitupère La Virago en remplissant les godets, chatouilleuse.


On ne demanderait pas mieux, monte au créneau le plus aviné, le verbe haut et le verre à la main, le Valentin, il aurait sa fête plus souvent, hein! les gars! si pour une fois on voulait bien nous laisser le choix dans la datte!


Mezzig goguenarde par-devers lui que c’est ce qui s’appelle se frotter à la régulière! 






vendredi 13 février 2009

Pis-aller

Samar qui n’a pas son pareil pour tailler la bavette, shunte allègrement les prolégomènes et attend le sixième pour le printemps, bouscule Mezzig sans détour: est-ce qu’il a déjà songé avoir des mouflets? 


En voilà une au moins qu’elle est directe! s’estomaque l’interviouvé. Des moufles, encore, il comprendrait: à cause des doigts qui morflent sur les poignées, mais, là, sans être averti ni rien, il a de quoi en rester quoi.


Sans compter qu’avec ce qui nous pend au nez, la surpopulation, le réchauffement global, les pôles qui décalottent, le sans-gêne transgénique, les centrales pétaudières, la crise du capital, les plafonds qui crèvent et mignonne allons voir si morose a perdu ses pédales, ça n'est pas un cadeau à leur faire aux rejetons.


Pour finir, ce n’est pas parce qu’on admire le cul des vaches que ça fait de nous des vétérinaires! Sur ce point, Mezzig se veut conciliant: l'argument mériterait des éclaicissements.






mercredi 11 février 2009

Paquets d'eau

Ce matin, le parc sent son lapsang souchong, le thé préféré de Geneviève jusqu’au déjeuner. Après, c’est l’heure du thé vert, si possible pas trop corsé pour ne pas gêner la digestion.


Dans l’après-midi, l’embarras se saisit du choix: thé rouge ou thé noir au poivre ou aux épices, c’est selon. En soirée, rehaussé d’une touche de rose ou de litchi, l’honneur revient sans conteste au thé parfumé.


Edmond de St Edmond n’est pas contre ces subtilités sinon qu’il n’y a pas mieux pour pisser comme un âne à longueur de journée. D’un autre côté, on ne gagne rien à lanterner avec sa vessie! Chacun devrait le savoir. 



mardi 10 février 2009

Parler franc

En désignant Li Pouiye couché en rond sur sa couverture, Mezzig balance tout à trac qu’il se demande bien à qui est-ce qu’il pourra parler quand celui-là ne sera plus là. 


Madame à qui rien n'échappe lui rétorque que ça fait toujours plaisir à entendre ce genre de remarque et Mezzig acquiesce qu’en effet, réussir à glisser un tout à trac dans une phrase aussi peu relevée n'est pas loin de l'exploit. 




dimanche 8 février 2009

Fond de train

Evidemment, vue comme ça, elle fait négligée. Pas lavée depuis impossible de dire quand. La robe maculée. L’éclat terni par la crasse. Un léger suintement par dessous. La belle a quelque peu perdu de sa superbe.


Mais que l’on ne s’y trompe pas, il en faudrait davantage pour occulter ses charmes et son  inimitable coup de reins. Même dans son état, ses flancs bien entre les jambes, on la sent prête à se laisser titiller l’encolure et à jouer des pointes sans vergogne. 


A ce propos, il y en a un autre que ça démange. Ne serait-ce que pour la forme, Mezzig s'en pourlèche déjà les babines: rien de tel qu’un aller-retour dans les normes à califourchon sur sa 2Cylindres pour mettre une peu de selle dans les épinards.





Découvrez The Byrds!

samedi 31 janvier 2009

Voix de presse

Et de deux: Mezzig lit dans le journal que


Les républicains ont élu pour la première fois hier soir un Noir, Michael Steele, pour diriger leur parti, dix jours après l'investiture du premier président noir des Etats-Unis Barack Obama.


A La Glotte, on ne s’emballe pas pour si peu. 


On se contente juste de faire gentiment remarquer que même si, par chez nous, le petit se veut blanc comme neige, il y en a un joli paquet par contre qui commencent à se sentir  sacrément marron.



Découvrez Serge Gainsbourg!


mardi 27 janvier 2009

Groin à moudre

Normal que Clotilde prenne un congé de temps en temps. Elle a bien droit a un peu de repos elle aussi. Non, ce qui insupporte la P’tit Dame d’en Face au plus haut point, ce sont les nullités qu’on lui envoie en remplacement.


Non seulement ces bécasses se permettent de fourrer leur nez partout dans ses affaires et de la rudoyer. Mais il y a plus grave. A croire que ces chipies le font exprès de traiter ses protégés comme des moins que rien.


On peut dire qu’avec des truffes pareilles, ses pauvres petits cochons bleus en voient de toutes les couleurs. 



Découvrez Sonny Terry!


samedi 24 janvier 2009

Fausses notes

Plus les jours passent et plus il se fait l’effet d’un pet de moine ballotté par tous les courants d’air entre chez lui et l’appartement de Diane. 


Sans être outre mesure attaché à son quartier, il se sent encore à sa place dans sa rue, au milieu de ses voisins, même s’il se considère différent d’eux, ne les fréquente pas beaucoup, s’en détourne au besoin.  


Pour ne prendre qu’un exemple: Mezzig. Un type qu’il apprécie, qui a ses bons côtés, ses travers aussi, comme tout le monde, un peu plus peut-être. Toujours est-il que Kraine ne se verrait pas vivre comme lui.


Mis à part sa 2Cylindres, ses descentes impromptues à La Glotte, quelques bavettes taillées avec Samar quand il va faire son plein de clops, son Glob qui patine dans la semoule (par curiosité, Kraine y jette parfois un oeil sur l’ordi de Diane mais c’est loin d’être sa tasse de thé) et son inénarrable chien, c’est le calme plat.

Pas d’enfants. (Mezzig ne s’est pas épanché là-dessus mais kraine parierait volontiers sur une déficit croissant de galipettes avec
Madame). Le moins possible d’imprévus. Jamais de turbulences. Aucun d’accroc.


En bref, le genre d’existence au ras des pâquerettes qui lui collerait des boutons et que Kraine s’évertue à fuir avec rage et force vodkas.




Découvrez Alice Cooper!