mercredi 30 juillet 2008
samedi 19 juillet 2008
A rebours
Une question le tarabuste: si au lieu de tourner au premier embranchement, il avait pris une autre direction: la route en face, par exemple, qu’est-ce qu’il se serait passé?
Un jour, Mezzig se dit qu’il faudra qu'il fasse le chemin à l’envers, rien que pour voir ce qu’il a raté. On ne sait jamais.
Découvrez Mo' Horizons!
mardi 15 juillet 2008
Mise au point



Découvrez Lhasa!
vendredi 11 juillet 2008
Garde à vue
Ah! La jolie vue. L’aguicheuse saignée. Légèrement plongeante entre deux monts dodus. Enrobée de fraîche date. Largement dégagée. Tentatrice.
Rien dans les rétros. Personne dans l’autre sens. La 2Cylindres ronge son frein. Calée bien en ligne sur la mire des pointillés. Des tours à revendre dans le cadran. L’aiguille chatouilleuse.
Mezzig mettrait bien la gomme, le turbo, les propulseurs tellement c’est engageant mais quelque chose le chiffonne. Quand est-ce qu’il a vérifié l’huile? Où en est l’essence? Et si un buffle se décidait à traverser la route, s’il accélère, est-ce qu’il aura le temps d’éviter la charge? Ou si jamais il crève, comment il fait?
Perdu dans ses pensées, Mezzig en oublie de tirer sur la poignée et c’est comme une fleur qu’il échappe aux deux oiseaux planqués derrière leur paire de jumelles.
Comme quoi, hein, marcher au radar, parfois, ça protège des hirondelles!
jeudi 10 juillet 2008
Sinologique
Le jour venu, pour montrer qu’il n’est pas chinois, le petit sera présent parmi les autres pékins conviés à célébrer l’idéal Olympique.
Certains observateurs ne manqueront pas de mettre pareille décision sur le compte d’une soudaine passion des jeux débridés.
A moins, spécule Mezzig, qu’il ne s’agisse d’un moyen détourné de miser sur la carte du parti pour redresser sa cote. Malheureusement, rien n'est moins sûr.
Découvrez The Black Keys!
mardi 8 juillet 2008
Commensal à manger
Question ressources alimentaires, Samar ne connaît pas la crise. On vient de tous les horizons pour s’approvisionner en douce dans son arrière boutique.
Rien que pour ça, il aurait tord de cracher dans la soupe.
Il n’empêche qu’il en a l’estomac retourné dès qu’il entend parler de ces réunions sous haute surveillance entre chefs d’état et de gouvernement autour d’un copieux déjeuner parmi les ors prestigieux d’une hôtellerie de luxe.
Pour aller vite, leur espèce de ratatouille, c’est du réchauffé, de la daube avariée, du ragoût faisandé! entonne un Samar atrabilaire avant de se hasarder, goguenard: G8 du matin, GF1!
Pour cette fois, Mezzig, qui n'en a pas perdu une miette, préfère se la jouer menu.
lundi 7 juillet 2008
Festival d'été
La mercerie commence à faire recette. Mine de rien, la clientèle s’étoffe, les comptes s’arrondissent, les commandes grossissent. Pour rendre service, la mère Natzy réalise de menus travaux de couture à la maison, beaucoup plus calme depuis le mariage de l’aîné qui se serait installé en ville en embarquant son aboyeur de cabot dans ses bagages.
Depuis son départ, le quartier a retrouvé un peu de son calme. On peut dormir les fenêtres ouvertes sans être dérangé par les jappements de cerbère et autres prises de bec intempestifs.
C’est bien simple, certains soirs, on se croirait presque à la campagne, n’étaient les séances d’échappements libres, crissements de pneus, démarrages sur les chapeaux de roue, tapages nocturnes, concerts de klaxons sauvages et de sirènes hurlantes.
Exception faite d’un train de temps à autre et du lointain bruit de fond de l'autoroute, on peut dire que ce petit recoin de Trous sur Gloire est tout ce qu’il y a de plus propice à la douceur de vivre.
jeudi 3 juillet 2008
Service minimum
lundi 30 juin 2008
Tour de chauffe
S’il ne se retenait pas, il irait bien vers le Sud. Le Sud du département. Pas plus loin. Sauf que par là, il connaît.
Un rapide tour d’horizon, carte en main. Dans cette direction, même topo. Dans l’autre, idem. Rien que du déjà vu.
Pour bien faire, il faudrait se mettre en selle dès maintenant et tailler la route ce qui s’appelle tailler la route. Après, ce sera trop tard.
D’ailleurs, c’est déjà trop tard. Si tu ne sais pas où tu vas, tu n’y vas pas. Tu ne vas nulle part. C’est simple à comprendre.
De toute façon, Mezzig ne compte plus les longueurs d’avance qu’il a de retard. Autant se cantonner à la case départ et laisser tomber.
samedi 28 juin 2008
Tour de pales
En plein après-midi, derrière ses volets clos, la P’tite Dame d’en Face se trimballe au naturel. Dernièrement, Clotilde lui a apporté un ventilateur électrique qu’elle trimballe d’une pièce à l’autre et règle au maximum.
Avant d’aller se coucher, elle l’installe au pied du lit et s’allonge à même les draps, vêtue d’une robe de chambre rose pale élimée qu’elle remonte jusqu’à mi-cuisses pour mieux profiter du courant d’air.
La nuit, la P’tite Dame frissonne, renifle, éternue, se réveille en sursaut, se croit en hiver, se lève chercher ses bas, un gros gilet ainsi qu’une épaisse couverture de laine sous laquelle elle se pelotonne en claquant des gencives.
Quand Clotilde arrive pour la visite du matin, la P’tite Dame a la goutte au nez. Elle lui raconte le mal qu’elle a eu à fermer l’oeil à cause du vent qu’il a fait et du boucan dans la rue.
Sûrement quelqu'un qui aura oublié d'éteindre le moteur de son avion en rentrant chez lui! parie Clotilde.
vendredi 27 juin 2008
Santé publique
Tous les soirs, c’est le grand défilé, le carrousel. La place Porte-Beau draine pêle-mêle touristes, étudiants, noctambules, m’as-tu-vus et consort. Les terrasses des restaurants sont noires de monde. Les cafés, bondés. Le pavé, grouillant.
C’est le quartier chaud, le coeur fébrile de Trous sur Gloire. On y vient seul ou accompagné, souvent en bande, pour se montrer, mater, brailler, palabrer, siroter, se pinter, traficoter, régler ses comptes, s’empoigner ou se rabibocher.
Perdu dans l’inventaire des verbes du premier groupe, Kraine jouit sans retenue du charme décomplexé de la jeune femme assise en face de lui dont il a lui-même tatoué la peau de pêche d’un joli grain cuivré, rien que ça!
C’est la première fois qu’ils se rencontrent à l’extérieur, au milieu de la foule. Pourtant, ni l’un ni l’autre ne semblent incommodés. Ils ne prêtent attention à rien, se confondent en bavardages, se boivent littéralement des yeux.
Pour tous ceux qui seraient tentés, un épisode à consommer sans modération!
mardi 24 juin 2008
Pénurinaires
Quand Madame est à fond, inutile de l’interrompre avec des futilités. Madame a une semaine pour écluser le monceau de prose récolté aux examens. Recluse dans sa retraite studieuse, elle biffe, souligne, annote, marmonne, maugrée, renonce, s’extasie, se pâme, s’esclaffe tout en même temps.
Au diapason, Mezzig cultive l’abstinence, s’en colle des fagots qu’il n’est même pas sûr de fumer plus tard derrière l’oreille.
Faute de mieux, Mezzig se congratule: le Glob a soufflé sa première bougie dans l’indifférence générale. Pour le chandelier, il faudra s’accrocher aux branches!
Mezzig doute: le coup des camionnettes, c’est quand même une histoire! quel est le tordu récidiviste que ça fait marrer ces couillonnades?
Mezzig tachycarde: les affectés de longue durée recevront bientôt l’assurance d’une protection sociale aux petits soins. Une caisse maladive qu’on aurait pu se retenir de lâcher.
dimanche 22 juin 2008
Dialecte tics
Dans l’art de coincer la bulle, Li Pouiye ne craint pas la contrefaçon. Au premier coup de chaud, il file direct sous les lauriers, s’affale dans son trou et c’est parti pour la journée.
La nuit, c’est farniente à la belle étoile. Pas moyen de le rapatrier. Sauf cas d’urgence. Un minet en maraude et c’est la corrida, la cavalcade, le ramdam.
Pour éviter l’émeute et ménager les voisins, Mezzig se précipite calmer le fauve et lui montrer la direction d’un doigt rageur.
Au mieux, Li Pouiye obtempère. Au pire, il faut se mettre à quatre pattes et lui aboyer de s’extirper de son repère histoire de lui rappeler un peu qui est le maître.
D'ailleurs, c'est vrai ça, maintenant qu'on en parle entre nous, qui c'est exactement le maître?
samedi 21 juin 2008
Tambour battant
Pour en avoir le coeur net, Samar se plante au milieu du trottoir, mate un coup à droite, un coup à gauche. Rien pour l’instant. C’est fluide comme on dit. Pas comme aux heures de pointe où c’est à touche touche.
Samar patiente. Jusqu’à ce qu’au loin, de l’autre côté du rond-point, l’engin pointe son nez. Encore un arrêt, le feu. Cette fois, le doute n’est plus permis.
Le temps de reprendre ses esprits, Samar se précipite dans le fond de sa boutique, empoigne le téléphone, pianote un numéro, compte les sonneries, tombe sur le répondeur, raccroche.
Dehors, c’est la queue leu leu. En file indienne, une poignée de camionnettes remonte l’avenue en direction du centre-ville. Sur le flanc des carrosseries, rutile en grosses lettres:
Le Glob vous souhaite
Bonne Fête de la Mezzique!
jeudi 19 juin 2008
Pécarité d'emploi
La P’tite Dame d’en Face se languit: quand est-ce que Mezzig va revenir lui faire la lecture et remettre un peu d’ordre dans les rangs de ses petits cochons bleus? Les saligauds auraient bien besoin d’un bon coup de baguette sur la couenne en ce moment.
Si c’est pas une honte d’abuser comme ça des faiblesses d’une faible femme dans son état. Des porcs que c’est! Toujours à lui faire des saloperies dans le dos. A se moquer d’elle. A la contrarier.
Si au moins il y avait un homme à la maison. Pas tout le temps, elle ne dit pas. Pas tous les jours: à son âge, elle ne voudrait pas s’encombrer. Une fois déjà, ça suffit. Ou alors il faudrait la payer cher. Et encore!
Avec sa grosse voix Mezzig savait leur clouer le groin à ces bestiaux. Quand est-ce qu’il revient ? et qu’est-ce qu’il a au juste? Les bonhommes, je vous jure: ça t’a toujours un pet de travers. Des vraies chochottes!
lundi 16 juin 2008
Bachot devant!
Comme de bien entendu, elle a eu un peu de mal à trouver, il n’y avait pas de place pour se garer, sa salle était mal indiquée et le café optionnel.
Passée la première heure de surveillance, le plus dur, c’est de ne pas piquer du nez. Entre deux bâillements mal contenus, Madame s’arrache de son siège, déserte son bureau et part arpenter les allées.
A la dernière table, au fond, une première victime continue sa nuit la tête entre les mains pendant que les autres candidats se triturent les neurones à grand renfort de barres chocolatées et de brouillon.
Quelques-uns ont fait le déplacement en claquettes et bermudas, Les décolletés se veulent aussi profonds que l’argumentaire. Les mines transpirent le doute et la réflexion.
Madame retourne s’asseoir, rêvasse au dessus de son roman, jette un oeil par la fenêtre, se revoit quand elle avait leur âge et des réserves de lendemains au maxi. Une copie qu'elle n'a cessé de corriger depuis.
dimanche 15 juin 2008
Défaite des pères
Elle était petite fille quand il a quitté la maison. Un soir, il est venu la voir dans sa chambre pour lui expliquer que le lendemain matin, elle ne le verrait pas en se levant. Elle lui a juste demandé pourquoi il faisait ça. Est-ce que c’était sa faute? Parce qu’elle n’était pas assez gentille? Qu’elle faisait des bêtises?
Pour toute réponse, son père l’a serrée dans ses bras et lui a dit que ça n’avait rien à voir avec elle. Qu’il lui expliquerait une autre fois. Quand elle serait en âge de comprendre.
Le matin suivant, Clotilde s’est précipitée dans la chambre de ses parents. Le lit était à moitié vide, la maison profonde et silencieuse. Disloquée comme une poupée de chiffon à l’abandon sur le carreau.
Plus tard, quand elle lui a posé la question, il a juste répondu que comme homme à la maison, c’était loin d’être un cadeau et Clotilde a pensé que, comme explication, c'était un peu vite emballé.
vendredi 13 juin 2008
Rapporte paquet
mercredi 11 juin 2008
Matutinales
Robe et démarche légère, elle remonte la rue, les jambes galbées, la taille souple, le dos cambré, le port droit, presque fier. L’air est encore frais. La lumière limpide. Elle sent le soleil sur son visage, sur ses bras nus, à travers le tissu.
Des passants la suivent du regard. Jettent un oeil au tatouage qui affleure sur son épaule. Des hommes s’attardent sur sa silhouette. D’autres la détaillent furtivement.
La matinée promet d’être radieuse. Les rues sont calmes, la ville à peine dégourdie. On finit d’installer les terrasses devant les cafés. Les premières boutiques ouvrent leur porte. Devant les grilles du lycée, une grappe d’adolescents gamberge.
Sous les frondaisons de la place, la jeune femme a disparu. Edmond de St Edmond est arrêté au feu vert et se régale des sonorités qui montent des entrailles de son scooter tout neuf.